Le scrutin des régionales s'annonce très serré dans au moins six régions, dont trois emblématiques — Ile-de-France, Rhône-Alpes et Provence-Alpes-Côte-d'Azur — et l'une à forte valeur symbolique, Poitou-Charentes. Une grande incertitude pèse aussi sur les résultats en Bourgogne et Bretagne, que la gauche pense pouvoir faire basculer.
L'ILE DE FRANCE
Pour reconquérir l'Ile-de-France et PACA, perdues en 1998 et où la gauche ne dispose que d'une majorité relative, l'UMP a mobilisé deux ministres, Jean-François Copé et Renaud Muselier. Mais dans la région parisienne, les ambitions de l'UDF sont venues compliquer la tâche de M. Copé. Le porte-parole du gouvernement devra faire face à André Santini, maire UDF d'Issy-les-Moulineaux. Dans les sondages, les deux hommes sont au coude à coude, derrière le socialiste Jean-Paul Huchon, au premier tour. Au second, les instituts ont longtemps donné un léger avantage à André Santini. Mais tout récemment, un sondage a donné gagnant le président sortant du conseil régional, quel que soit son adversaire de droite, en cas de triangulaire avec le FN. Jean-Paul Huchon part toutefois handicapé par la désunion à gauche. La secrétaire nationale du PCF Marie-George Buffet conduit une liste « populaire et citoyenne », et Arlette Laguiller une liste LO-LCR.
PROVENCE CÔTE D'AZUR
La situation est plus claire pour la majorité gouvernementale en PACA. Renaud Muselier est parvenu fin janvier à mettre sur pied une liste d'union UMP-UDF dans une région où le FN, après les élections de 1998, comptait autant d'élus que la droite. Toutefois, compte tenu du nouveau mode de scrutin (prime majoritaire de 25 % des sièges à la liste arrivée en tête), le parti de Jean-Marie Le Pen, crédité régulièrement de 22 % des intentions de vote, ne devrait pas être en mesure de rééditer ce tour de force. A la tête d'une alliance de gauche au grand complet (PS-PCF-PRG-MRC-Verts), le président sortant de PACA fait campagne contre la « politique ultra-libérale » du gouvernement. Il redoute une forte abstention de la part d'électeurs « encore un peu plus dégoûtés de la politique » après le rejet de la candidature de Le Pen. Autre sujet de préoccupation, l'éparpillement des voix sur les douze listes en présence.
BRETAGNE
La gauche convoite aussi la Bretagne, où la majorité de droite ne tient qu'à un siège et où l'UDF fait cavalier seul.
POITOU-CHARENTE
En Poitou-Charente, fief électoral de Jean-Pierre Raffarin, la gauche est bien placée. Députée des Deux-Sèvres depuis 1988, Ségolène Royal table sur son enracinement et sa popularité pour battre la peu connue Élisabeth Morin. Déjà, en 1998, Jean-Pierre Raffarin n'avait dû qu'au ralliement de deux élus CPNT de conserver son fauteuil.
RHÔNE-ALPES
En Rhône-Alpers, où les élections de 1998 avaient mené à une alliance entre Charles Millon et le Front National, puis à l'élection de l'UDF Anne-Marie Comparini, l'UMP qui a fait alliance avec l'UDF est au coude à coude avec la gauche, selon le dernier sondage. C'est une région très « ouverte ».
BOURGOGNE
En Bourgogne enfin, le chef de file de la gauche, François Patriat (PS), décidé à mettre fin au règne de Jean-Pierre Soisson, pourrait bénéficier de l'usure du pouvoir de son adversaire. D'autant que l'UDF François Sauvadet mène lui aussi campagne sur le besoin de « s'affranchir du système Soisson ».
On ne trouve depuis 1998 que deux femmes présidentes de région, l'UDF Anne-Marie Comparini en Rhône-Alpes (ici soutenue par Jean-Pierre Raffarin) et l'UMP Élisabeth Morin en Poitou-Charentes, à qui Jean-Pierre Raffarin a cédé la place en 2002 après avoir été nommé à Matignon.











