Après le régionalisme prôné par Alsace d'abord (notre édition du 28 février), voici le fédéralisme. Le tout nouveau parti fédéraliste alsacien surfe sur quelques idées qui font florès, aujourd'hui, sur l'échiquier politique : redonner le pouvoir au terrain en faisant reculer le jacobinisme, clarifier les interventions des différentes collectivités locales. Mais il va plus loin. Comme Alsace d'abord, il demande que la majorité des impôts collectés en Alsace y reste. Et plutôt que la fusion des trois collectivités réclamée par les régionalistes, il prône un gouvernement régional (voir ci-contre). « Nous, nous ne sommes pas repliés sur l'identité alsacienne », tient à préciser Pascale Grauss, tête de liste régionale et présidente du PFA depuis sa création. « Nous proposons un changement de structure à l'échelle nationale. Une autonomie, mais au sens noble du terme, pas dans celui de séparatisme ».
Un parti et des candidats jeunes
Le parti veut aussi sortir de l'étiquetage traditionnel droite gauche… tout en se démarquant des extrêmes. « Nous avons des gens qui viennent de l'UMP ou du PS, mais pas de l'extrême gauche ou de l'extrême droite ». Quatre Français d'origine turque sont sur les listes. Pascale Grauss et le PFA ne se reconnaissent plus dans les « schémas d'une Ve République qui appartient à l'histoire. Les mentalités ont évolué alors que les structures restent inchangées. Nous, on propose d'entrer dans la VIe République ». Ce nouveau schéma institutionnel serait basé sur les compétences du terrain, opposées à celles d'une supposée élite : « On veut mettre en avant le savoir-faire de chacun, des individus lambda, des associations. On a d'énormes ressources à ce niveau-là ». Le pays doit, selon les fédéralistes, s'appuyer sur les capacités de ses régions, et les régions sur celles de ses habitants. Parti jeune, le PFA présente beaucoup de jeunes : la moyenne d'âge haut-rhinoise est de 35 ans, la bas-rhinoise est de 39 ans. Et il a plus de candidats que d'adhérents ! « Fort » de 30 membres, il a dû trouver 51 noms pour remplir ses deux listes… Les trois fils de la leader régionale s'y sont collés « mais de leur plein gré ! Les jeunes sont plus concernés qu'on ne pense par la chose publique ». Et puis ces jeunes pourront aider les plus âgés à voter : car, faute de moyens, les bulletins devront être téléchargés sur le Net. La démarche rejoint les intentions de Pascale Grauss de « donner une impulsion, de redynamiser la société, de rendre les citoyens actifs ». C'est en outre écologique, et sans doute précurseur. Mais c'est forcément risqué.











