Subtilement rhabillé, le Freelander s'offre des
airs de Range-Rover, de face surtout. Le reste suit, tout en
douceur.
SANS DOUTE un des petits
SUV les plus 4x4. Patronyme oblige. Avec sa transmission intégrale
permanente et un bel équilibre, le Freelander est capable
d'exploits inaccessibles à la majorité de ses concurrents, fût-il
dans sa livrée Sport aux immenses jantes de 18 chaussées de pneus
ultra-bas (!). Nouvelle dans la gamme, cette très jolie version
surprend par ses caractéristiques — pneus façon racing donc
mais aussi suspension rabaissée — tout autant que par une
capacité hors macadam quasi équivalente à celle des versions
classiques. Pas question de trialiser sans réducteur, sans
blocage et aussi près du sol, mais le Freelander n'a pas cette
ambition et la quasi totalité de ses propriétaires ne lui en
voudront pas. On achète ce genre d'engin sur sa mine. Née fin 1997,
le plus petit (4,43 m) des Land-Rover méritait probablement un
petit lifting. Il est subtil et néanmoins réel avec pas moins de
700 nouvelles pièces et une foultitude de retouches (réservoir plus
grand sur les motorisations essence, chauffage amélioré…).
Empruntés, pour le style, au Range et au Discovery, les immenses
blocs optiques rajeunissent joliment la proue et font oublier le
peu d'autres retouches de robe comme les boucliers peints ou les
feux arrière surélevés. Qu'importe, l'ensemble a belle allure, un
peu plus encore en 5 portes qu'en 3, icelle offrant la même
habitabilité compte tenu d'un empattement identique mais évidemment
moins de coffre. Avantage de la 3 portes, le toit amovible souple
ou rigide. Même timidité dedans avec un design général préservé et
de nouveaux matériaux plus raffinés (cuir, aluminium,
alcantara…). La finition reste un peu légère. Land-Rover a
étoffé l'équipement (plus ou moins cossu selon le niveau choisi,
base, S, SE, HSE et Sport) mais on attend toujours un ordinateur de
bord, voire la climatisation automatique.
Correct hors bitume, l'engin est bluffant sur route ;
une tendance très SUV…
Côté technique, le Freelander évolue assez peu. On retrouve les
moteurs connus, le 1.8 essence de 117 ch, le 2.5 V6 essence de 177
ch et le 2.0 Td4 de 112 ch, trois mécaniques éprouvées et
globalement bien adaptées à l'engin. Le coeur va au V6 et ses 24
soupapes, mélodieux et disponible au prix d'une consommation
certaine (12 litres), la raison au quatre cylindres turbodiesel
made by BMW, efficace et sobre (8,5 litres) mais assez bruyant et
brutal faute d'une rampe commune. On aimerait toutefois un peu plus
de puissance. Reste que Land-Rover France table sur… 95 % des
ventes en diesel. Boîte manuelle 5 sur le 1.8, manuelle ou
automatique séquentielle 5 sur le diesel, automatique séquentielle
uniquement sur le V6. L'automatisme va bien. On l'a vu, la
transmission intégrale est permanente, épaulée par le HBC (ou
comment affronter les pires descentes sans toucher à rien…)
et l'ETC (antipatinage). Un package un peu léger pour un pur et dur
du 4x4 mais parfaitement en phase avec la vocation loisirs soft de
l'objet et qui assure le minimum haut en tout terrain et le maximum
sur route (pour un 4x4) avec un bel équilibre, très peu de roulis
et une vivacité intéressante compte tenu des quelque 1500 kg à
assumer. Disponible avec le V6 et le Td4, la version Sport est
particulièrement agréable, plus précise encore et pas moins
confortable malgré ses trains roulants « tunés ». L'ABS est
évidemment de série mais comme la plupart des 4x4, le Freelander
souffre d'une relative instabilité au freinage. Reste le prix.
Facturé de 21900 € à 35540 €, le Freelander n'est pas
spécialement bradé. C'est un ton au-dessus du Nissan X-Trail et du
Toyota RAV4, ses principaux rivaux…