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Smart ou la grenouille…

Opportunisme bien senti ou constat d’échec du concept smart ? Bref, la forfour arrivera sur le marché des 3,70 m en avril prochain. Fameux défi.

La grenouille qui voulait se faire aussi grosse que le bœuf? Il y a un peu de ça dans la smart forfour. On connaissait la micro-voiture, fort intelligente au demeurant, voici son dérivé long, pas (encore) un break mais une berline 5 portes 4 places de 3,75 m. Certains crient au constat d’échec du concept minimaliste — et probablement Nicolas Hayek en est-il, qui fut à l’origine du projet swatchmobile devenu smart sous Mercedes, l’actuel propriétaire de la marque — d’autres applaudissent à l’audace du constructeur et son sens des affaires. Probablement la vérité est-elle entre les deux: désormais bien lancée sur le marché (110000 ventes en 2002), la marque sait que son essor, peut-être sa pérennité, dépendent de sa capacité à innover en restant fidèle à ses options, stylistiques et techniques, et à élargir sa gamme. L’arachnéen roadster fut un premier pas, cette forfour en est un second. Plus consistant et d’autant plus pertinent que l’auto partage sa plate-forme avec la future Mitsubishi compacte elle aussi fabriquée aux Pays-Bas.
Belle? Pas vraiment. High tech, assurément. On reconnaît entre mille la patte smart avec cette fameuse cellule tridion et cette drôle de dégaine mais il faudra s’habituer au gabarit. Même remarque dedans avec cette ambiance joyeusement colorée et ces plastiques assez peu flatteurs. Évidemment, l’espace vital n’a plus rien de commun avec celui de la smart et quatre personnes y trouveront leur place. Leurs bagages aussi avec de 270 à 910 litres disponibles selon que l’on exploite ou non la modularité: prévue pour deux personnes mais capable d’en accueillir trois (option), la banquette peut ainsi coulisser sur 15 cm au profit du volume du coffre, les dossiers étant rabattables séparément et inclinables et l’assise repliable d’un bloc.
L’équipement est généralement complet, plus ou moins selon le niveau choisi (Pulse, Passion), et le catalogue des options particulièrement fourni avec notamment la navigation, des systèmes audio plus ou moins performants, trois types de toit ouvrant vitré, un volant multifonctions et un pack sport (châssis abaissé, jantes de 16…). Bien entendu, la panoplie sécuritaire n’a pas été oubliée avec 4 airbags en série.

Essence pour commencer

Reste, bien sûr, à essayer l’engin. Il faudra patienter quelques semaines encore mais la fiche technique se veut rassurante. Compte tenu du poids limité (moins de la tonne), les mécaniques retenues devraient assurer des performances suffisantes avec, pour les meilleures, un rapport poids-puissance voisin de celui du roadster. Trois moteurs essence, spécifiques à la forfour et à la future Mitsubishi, seront disponibles dès le lancement, (un trois cylindres 1.1 de 75 ch et deux quatre cylindres de 1.3/85 ch et 1.5/109 ch) et deux turbodiesel trois cylindres 1.5 en 68 ou 95 ch suivront en septembre 2004. Boîte mécanique à 5 rapports en série, automatique robotisée à 6 rapports séquentiels en option. Une version sportive Brabus sera proposée. Côté trains roulants, les voies larges et le réglage dit «sportif» de la suspension devraient assurer un comportement précis sans nuire au confort. Le régulateur de stabilité sera proposé en série sur toutes les versions de même que l’ABS et la direction assistée électrique.
Bref, une automobile apparemment bien pensée dont on peut espérer qu’elle saura monnayer ses charmes à un prix raisonnable. En Allemagne, la gamme débutera à 12990 € et une version Pulse 95 ch sera affichée 14150 €. Ce qui situe la smart au niveau d’une Citroën C3 ou d’une Fiesta, deux concurrentes désignées parmi d’autres.

Jacques Prost

 
 

Chrysler : Vingt ans de Voyager.

Saab, c'est si bien.

Saab : Segment BoBo.

 

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