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C’est
un événement. La première Honda 100% diesel Honda. En
l’occurrence, la grande Accord. Le mariage est de
haute volée.
LE RÉSEAU, paraît-il, n’en dort plus la nuit. Trop excité à l’idée d’avoir enfin un gros diesel à vendre. La nouvelle Accord. L’excitation est compréhensible: hors diesel, point de salut en France pour les grosses cylindrées et la meilleure d’entre elle, pour peu qu’elle soit essence, a somme toute peu de chances de briller dans les statistiques de vente. En greffant un bloc mazout moderne sur sa berline, Honda peut désormais espérer, d’autant que cette Accord i-CTDi flirte tout simplement avec le sans-faute pour un prix compétitif: de 25300 € à 32000 €.
Le moteur? 100% Honda, une première historique. Pour le coup, les ingénieurs nippons ont phosphoré dur cinq ans durant et repris les meilleures technologies du moment (injection directe, rampe commune, turbo à géométrie variable, échangeur mais pas le filtre à particules…) en les adaptant à l’objectif poursuivi: plus que puissant, faire souple et bien élevé. De fait, le quatre cylindres 2.2 seize soupapes développe raisonnablement 140 ch mais aussi 340 Nm de couple dès 2200 t/mn, un chiffre remarquable. Très compact, léger et rigide grâce notamment à un gros travail sur la fonderie et l’usinage aluminium, ce groupe fabriqué au Japon sera très probablement décliné vers le bas — même si Honda se refuse à tout commentaire — car on imagine mal un tel investissement demeuré sans suites. Dans un premier temps, le 2.2 devrait équiper le SUV
CRV.
Arrivant si tard, Honda ne manquait pas de références…
Ainsi motorisée, l’Accord prend une autre dimension et rejoint d’emblée ce qui se fait de plus attractif dans le segment. Si les mécaniques essence et notamment le 2.4 de 190 ch n’ont pas grand-chose à se reprocher, ce 2.2 i-CTDi les surpasse clairement en terme, bien évidemment, de coût kilométrique (avec une consommation moyenne de 7 litres) mais aussi d’agrément de conduite compte tenu de l’environnement réglementaire. Point besoin de jouer des 5 rapports de la boîte mécanique — on parle d’un système automatique pour 2006 —, le couple assure des relances très énergiques sans bruit ni vibration avec la disponibilité et le feutré des ténors européens du genre. Il est vrai qu’arrivant si tard, Honda ne manquait pas de références, même si les Nippons assurent s’être inspirés de leur propre savoir-faire acquis dans… l’essence.
Pour le reste, la grande Honda n’évolue pas, n’étaient les réglages de train légèrement modifiés pour tenir compte des spécificités du diesel (poids et couple). Le comportement routier reste de haut niveau et particulièrement sain avec une relative légèreté s’agissant d’une traction pesant bon poids. Un peu plus de fermeté serait toutefois appréciable pour la précision de conduite. A noter que le régulateur de stabilité est de série sur les deux versions. Freinage correct.
Pour moins de 26000 €, l’Accord i-CTDi en offre somme toute beaucoup. D’autant que la qualité générale du produit est évidente, son équipement fourni et soigné — les vitres latérales avant sont plus épaisses pour mieux absorber le bruit de claquettes — et son habitabilité familiale, avec un bel espace vital avant/arrière et un coffre généreux. Et pour ceux qui voudraient davantage de dm3, le break Tourer est lui aussi diésélisé. Objectif? 2000 exemplaires l’an prochain sur un global Accord de… 2850 exemplaires.
Jacques
Prost
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Peugeot, Rover…
Si le 2.2i-CTDi est le premier moteur diesel 100% Honda, d’autres mécaniques de ce type ont déjà équipé des produits de la marque. Il y a dix ans, la berline moyenne Concerto roulait Peugeot puis ce fut du Rover sur les Civic 5 portes et les deux générations précédentes d’Accord et, à l’heure actuelle encore, de l’Isuzu sur la Civic 1.7 CTDi. Premier motoriste essence au monde avec plus de 15 millions de blocs vendus (voitures, motos, matériel agricole…), Honda n’a jamais vraiment cherché à développer son diesel dans la mesure où son marché de référence, l’Amérique du Nord, était jusqu’à présent assez peu intéressé par cette technologie. Les frémissements observés là-bas en faveur du gazole mais aussi les nouvelles normes européennes en matière d’émissions polluantes l’auront décidé à changer son fusil d’épaule sans pour autant abandonner d’autres voies d’avenir comme la pile à combustible ou l’hybridation. Une Civic hybride sera du reste bientôt à l’essai dans ces pages. |
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