Lancée fin 2000, la Mondeo est en pleine
possession de ses moyens. Mieux, elle inaugure l'injection directe
essence Ford.
LE CHROME. A première vue,
cette nouvelle Mondeo n'a, de visu, pas grand-chose à offrir de
plus. La calandre aussi, les antibrouillards avant, les jantes.
Ford parle d'ailleurs de modifications « subtiles ». Il est vrai
que trois ans après son lancement et 58000 exemplaires vendus en
France, cette seconde génération n'a pas pris une ride et son
physique sobrement acéré en vaut bien d'autres. Même chose dedans,
avec un style préservé. Et si l'oeil a du mal à détecter la
nouveauté, la main aura tôt fait d'apprécier les nouveaux
revêtements, celui de la planche de bord notamment, plus agréables
au toucher et nettement plus cossus. La grande Ford est très
clairement une des voitures les mieux finies de son segment et
l'ambiance intérieure est particulièrement agréable d'autant que
l'espace vital, à l'arrière surtout, est généreux. La Mondeo, il
est vrai, avoue 4,73 m de long, 11 cm de plus qu'une Citroën C5. On
appréciera aussi l'équipement peu compté — quoique le niveau
d'attaque Ambiente soit un peu chiche (pas de climatisation,
d'antibrouillards avant…) — et surtout la volonté de
proposer en option des gâteries d'ordinaire réservées aux
happy fiew genre sièges avant climatisés, navigation avec écran
tactile gérant en outre la climatisation, hi-fi Sony MP3 ou système
multimédia avec écran plafonnier rétractable. L'offre optionnelle
est généralement à prix contenus avec, par exemple, un pack xénon à
650 E. Le haut de gamme Elance puise allégrement dans le catalogue
des options mais un niveau coeur de gamme Ghia est suffisamment
généreux. Reste au vendeur à connaître son sujet Mondeo sur le bout
des doigts tant le nombre de variantes est important, ne serait-ce
qu'avec trois carrosseries disponibles (4 portes, 5 portes et break
Clipper).
Ford promet quelque 1500 pièces
neuves…
A dire vrai, cette Mondeo « subtilement » revue — Ford
promet quand même quelque 1500 pièces neuves — évolue plus
nettement dans le domaine technique. Si la plate-forme reste la
même, les trains roulants voient leurs réglages sensiblement
modifiés pour plus de confort sans pour autant entamer les qualités
dynamiques reconnues de cette auto. L'ensemble est efficace,
précis, maniable, seul le train avant manquant parfois d'adhérence
avec les motorisations les plus coupleuses. Curieusement, l'ESP
n'est en série que sur le seul niveau haut de gamme Elance et, bien
sûr, sur la version sportive ST 220 et son V6 de 220 ch. Excellent
freinage. Si la plupart des motorisations ont été optimisées et si
la plupart peuvent profiter de la boîte mécanique à 6 rapports
inaugurée en 2002 par le TDCi 130, la vraie nouveauté est bien sûr
l'arrivée d'un groupe à injection directe essence. Ce quatre
cylindres 1.8 de 130 ch vient étoffer une offre essence étonnamment
riche dans un pays aussi dieselophile que la France (6 moteurs, de
110 à 220 ch) mais ne devrait pas entraver la bonne marche des deux
diesels de 115 et 130 ch. Disponibles en boîte manuelle 5 ou 6 ou,
nouveauté, automatique 5 séquentielle avec commandes au volant, ces
deux mécaniques marient tempérament et sobriété et il sera
intéressant de suivre l'évolution des ventes respectives depuis que
l'importateur a décidé de réduire de moitié, à 900 E, l'écart de
prix les séparant. Du coup, le meilleur choix dans la gamme Mondeo
pourrait bien être un break Clipper en niveau Ghia motorisé par le
TDCI 130 avec la boîte automatique séquentielle, le tout pour 27
200 E. Elégant et vaste, le Clipper devrait d'ailleurs peser un
quart des ventes Mondeo.