Après la Citroën C5, la Peugeot 607 HDI s'offre
un sixième rapport. Une greffe marketing.
TENDANCE. La boîte de
vitesses à 6 rapports est tendance. Utile parfois mais souvent
superfétatoire notamment lorsqu'elle est greffée sur une mécanique
diesel moderne au couple surabondant. C'est le cas de la Peugeot
607 dont la version HDI de 136 ch vient de se voir offrir cette
fameuse sixième vitesse sensée la catapulter plus haut dans
l'estime des conducteurs. « L'agrément de conduite
bénéficie du gain en reprise et en acoustique », prévient le
dossier de presse afférent. C'est vrai mais à la marge et 800 km
d'autoroute, lieu de jeu préféré de cette belle grande routière, ne
m'ont pas vraiment convaincu. C'est effectivement un peu mieux
qu'avant mais l'avant était déjà de fort belle tenue et de toute
façon cette version HDI s'apprécie avant tout avec la transmission
automatique séquentielle. Pour autant, il faut rendre hommage à
Peugeot de n'avoir pas joué la facilité en greffant une simple
overdrive à la boîte 5 : les deux rapports supérieurs de cette
nouvelle boîte fabriquée à Metz ont été revus, l'un raccourci pour
mieux allonger l'autre. Du coup, la vitesse maximale est obtenue
sur le sixième rapport. Peugeot promet un gain de… 0,1 litre
en consommation, peu significatif on en conviendra sachant que la
voiture tourne autour de 7,5 litres en moyenne.
On attend le V6 HDI de 200 ch…
6 vitesses ou pas, la 607 vieillit remarquablement bien. On
apprécie ou non le style, un peu préfectoral, la présentation
intérieure de belle qualité quoiqu'un peu vieillote, mais les
qualités dynamiques de cette berline de 4,86 m restent d'une
confondante actualité trois ans après sa naissance. Le compromis
confort-tenue de route est épatant, même avec les jantes de 17
pouces de la version Pack, et l'auto se prête à bien des fantaisies
pour peu qu'elles demeurent raisonnables. Voilà assurément une des
tractions les plus efficaces du marché. Le moteur HDI, lui, fait ce
qu'il peut avec bravoure. 136 ch pour 1600 kg ne laissent guère
espérer de la dynamite mais le joli couple, la rondeur naturelle de
ce groupe à injection directe common rail et sa discretion
favorisent l'agrément de conduite. Sans oublier le désormais fameux
filtre à particules que le monde entier nous envie. On attend
toutefois avec impatience le V6 de 200 ch mis au point par PSA et
Ford et que la Jaguar S-Type inaugurera.