La Suzuki Ignis revient relookée, toujours aussi
malicieuse, mais motorisée — enfin — par un moteur
Diesel. La greffe est réussie.
CINQ portes, une
motorisation diesel, une possibilité de transmission
intégrale… et un prix qui tourne autour de 10000 E. Possible,
pas possible ? Possible grâce à la politique tarifaire
particulièrement agressive de Suzuki, constructeur automobile très
présent sur le segment des petites voitures. L'Ignis, on connaît
depuis quelques années. Bouille un peu passe-partout certes, mais
bonne volonté à tous les étages pour faire à peu près tout
correctement, sans vous fâcher avec votre banquier. A Francfort, la
nouvelle Ignis a dévoilé une ligne qui fait penser à un Land
Cruiser rétréci au lavage. Sympa, même si on aurait aimé un peu
plus d'audace dans le coup de crayon nippon. Si on ne délire pas
avec un SUV de 3,77 mètres, avec quelle voiture va-t-on oser ?
Haute sur roues, joliment équipée avec ses jantes en alliage et ses
pneus de 185X15, miss Ignis bénéficie d'un intérieur de belle
facture. Les plastiques sont agréables au toucher, la finition tout
à fait correcte sur ce segment de prix et l'équipement carrément
pléthorique. ABS avec EBD côté freinage, airbags à l'avant et
latéraux, direction électrique assistée, fermeture centralisée des
portes à distance, un mignon système audio avec quatre
haut-parleurs (ou six en option) et une console centrale à gros
boutons, sans oublier des appuie-têtes pour tous et trois ceintures
arrière à trois points. Pour la climatisation, il suffira de
rajouter 890 E pour rafraîchir manuellement votre Ignis. Honnête.
L'intérieur est un peu sombre mais réellement flatteur. En
revanche, question modularité, Suzuki déçoit. Les sièges arrières
qui se rabattent en 2/3 -1/3 ne peuvent ni s'enlever ni disparaître
dans le plancher. Pas pratique pour transformer l'Ignis en petit
utilitaire.
Diesel : le bon choix
Côté motorisation, on retrouve le 1,3 et 1,5 litres essence qui
équipera les versions 4X4, mais aussi un moteur Diesel de 1248 cm3
— fabriqué par Fiat — et particulièrement agréable.
Coupleux, vif, ce berlingot TD équipé d'un système à injection
directe développé par Suzuki se montre relativement discret et
permet de prendre la clef des champs le vendredi soir. Pour la
différence de prix minime (400 E entre une 1300 GL et une Diesel
GL), il n'y a même pas à hésiter. Sur la route, l'Ignis fait
apprécier une insonorisation de meilleure qualité que sa devancière
et se comporte tout à fait convenablement sur les routes
tortueuses, grâce à une direction précise et un train avant
correctement guidé. En revanche la suspension arrière de conception
ancienne avoue rapidement ses limites et se met à tressauter quand
le macadam se dégrade. La boîte de vitesses est parfaite avec le
bloc essence mais assez ferme sur son homologue à gasoil. Mais là
encore, il faut sérieusement bousculer l'Ignis pour la prendre en
défaut, et sa vocation n'est pas d'être utilisée pour chasser le
chrono en montagne. Côté freinage, on est également dans la norme,
avec une pédale un peu molle mais une puissance suffisante pour
stopper une caisse de juste une tonne (en motorisation diesel).
Alors contrat rempli pour cette nouvelle Ignis qui comme toutes les
Suzuki se doit d'être « Simple, différente et bon marché»?
Assurément, même si son manque d'audace en terme de modularité et
de look risque de la pénaliser face à l'aguichante nouvelle Panda
de Fiat, disponible en traction il est vrai.