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La petite effrontée

Pas du tout politiquement correct, Peugeot ose la 206 RC.
Pour « Régulièrement Contrevenante » ? Bel objet de plaisir en tout cas.

On ne dit plus GTI mais RC. C’est moins parlant et c’est probablement l’effet recherché en ces temps où la sécurité routière est très abusivement réduite à la seule vitesse. Avec 177 ch sous son capot busqué, la 206 RC — Racing Car? — est néanmoins parfaitement incorrecte mais, étant couramment admis qu’il vaut mieux faire envie que pitié, la Lionne a choisi de passer outre les convenances pour mieux résister à des concurrentes du même acabit. Cf la Clio 2.0 RS et la Mini Cooper S, de prix et de puissances voisins.
Reprise de la S16, la base technique a été évidemment adaptée aux… 39 ch supplémentaires avec notamment un train avant redéfini (épure de suspension, ressorts raidis) et un essieu arrière inspiré de celui de la version SW. Les jantes grimpent à 17 pouces, le freinage a été optimisé, la direction aussi, ces deux-là brillant par leur agrément et leur efficacité. Résultat? Un engin extrêmement vivant, maniable au possible et véritablement scotché à la route avec notamment un train avant moteur exceptionnel. Cette 206 est une vraie sportive par son comportement — et… son confort — et, si elle est à prendre en compte, la vivacité de son tempérament est bien moindre que celle des premières S16, sans même parler de feue la 205 GTI. Il est vrai que le train arrière a été sérieusement assagi et que le régulateur de stabilité (déconnectable) est un précieux garde-fou. ESP de série, déconnectable heureusement.

L’élément le moins sportif ? Le moteur… 177 ch bien propres sur eux

Au fond, l’élément le moins sportif de cette automobile est son moteur. Les 177 ch du deux litres sont certes là mais bien propres sur eux, un peu tristes à l’oreille, sans le tempérament exalté que peut avoir un moteur, exceptionnel il est vrai, comme celui de la Honda Civic Type R. Le caractère de ce quatre cylindres atmosphérique est un peu trop policé et linéaire malgré le travail réalisé sur la culasse par les ingénieurs anglais de Lotus et l’admission variable. Reste que ce «berlingot», un peu paresseux à bas régime, tombe les temps sans effort d’autant qu’il est parfaitement exploité par une boîte manuelle à 5 rapports dont on regrettera simplement qu’elle n’en ait pas un de plus. C’eût été bon pour le bruit à bord, assez perturbant sur autoroute, et pour l’économie: difficile de tomber sous les 8 litres sur route. Une Clio RS est plus sobre.
Discrète dehors, n’étaient la double sortie d’échappement, le becquet de toit et les très jolies jantes reprises de la 307, la Peugeot se voile un peu moins la face dedans avec une présentation plus franchement sportive. On apprécie les excellents baquets avant, la visière de combinés toute de cuir vêtue et le pédalier alu à trous-trous. Joli. Mais les plastiques durs ont toujours aussi petite mine et la finition générale manque de rigueur. Quatre places seulement. Peugeot a soigné l’équipement et l’auto propose tout ce qu’une 206 est capable de proposer, en série (quatre airbags, hi-fi-CD, climatisation automatique, allumage automatique des feux…) ou en option (navigation, chargeur 5CD…)
Affichée 21500 €, la 206 RC n’est pas spécialement donnée. Pas plus chère non plus que ses deux principales rivales. Question: est-ce la S16, affichée 4500 € moins cher, qui est bradée ou la RC qui se surestime tarifairement?

Jacques Prost

 
 

Le site du musée de l'automobile de Mulhouse.

La belle adresse, bien qu'encore assez limitée, d'un passionné... d'épaves.

Le site du musée Peugeot, une vraie réussite.

 

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