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Méconnue,
la plus grande des Volvo, matricule S80, hausse le ton
avec une nouvelle robe et quelques boni comme son châssis
actif. Sera-ce suffisant?
Avec
moins de 900 ventes l’an dernier en France, la
Volvo S80 caracole en queue du peloton des grandes routières.
Injuste, car l’auto, née en 1999, a de réelles
qualités, mais on peut penser que la cohabitation avec,
un cran (à peine) en dessous, la S60 ne l’a pas
servie tout comme l’absence d’un gros diesel, lacune
aujourd’hui réparée avec l’excellent 5 cylindres
D5 de 163 ch.
En retouchant légèrement la robe pour lui donner un
peu plus de prestance — la face avant,
essentiellement, plus martiale et quelques détails d’équipement
— Volvo espère tirer son haut de gamme vers le haut
mais surtout la nette amélioration des qualités
dynamiques, du moins avec l’option Four-C, devrait lui
profiter. Four-C? Pour Continously Controlled Chassis
Concept, en clair le châssis actif inauguré par la
S60-R de 300 ch. Adapté à la vocation plus
bourgeoise de la S80 et à sa traction avant (intégrale
pour la S60-R), le dispositif est tout aussi efficace et
globalement plus progressif dans ses réactions.
L’auto est précise, moins sous-vireuse qu’avec le châssis
classique, et trouve facilement ses appuis en
manifestant une réelle vivacité compte tenu de son
poids (autour de 1600 kg) sans toutefois atteindre
le niveau de légèreté atteint par la nouvelle
JaguarXJ (essayée dans ce cahier).
Principe du Four-C? Des capteurs mesurant 500 fois
par seconde les performances de la voiture, le travail
des suspensions et le degré de braquage du volant
ajustent électroniquement la réponse de chaque
amortisseur en moins d’un quart de seconde pour une
efficacité instantanée maximale. Ainsi,
l’amortissement se durcit lors des phases d’accélération
et de freinage pour éviter les mouvements de caisse et
préserver la tenue de route comme la tenue de cap. Deux
positions, Confort et Sport, au gré du conducteur.
Volvo a également revu la direction, plus directe et
globalement plus précise, et prévoit l’ESP en série.
On
choisira la T6 pour le fun, mais le D5 s’impose au
bout du compte…
Pour
exploiter ce potentiel, la S80 peut compter sur des
motorisations de qualité, quatre essence de 140 à
272 ch, et deux diesel cinq cylindres en
130 (D4) et 163 ch (D5) avec, selon le cas, boîte
manuelle à 5 rapports ou automatique 5.
On choisira le T6 (marié à l’automatisme), son
double turbo et ses 272 ch pour le fun. Un vrai
plaisir, désormais moins interdit avec le châssis
Four-C qui permet de passer le couple plus facilement,
mais le cinq cylindres D5, premier diesel 100% Volvo,
l’emporte au bout du compte tant il est agréable à
vivre et relativement sobre (8 litres). Coupleuse et
mélodieuse, cette mécanique est particulièrement
disponible quel que soit le régime sans vibration
aucune. On la choisira avec la transmission automatique.
Un ton en dessous, le D4 ne démérite pas mais les
moins de 2500 € le séparant du D5 et le faible
gain en consommation ne jouent pas en sa faveur. Les
petits rouleurs opteront pour le 6 cylindres
essence 2.4 de 170 ch éventuellement
disponible en double carburation quoique le surcoût
demandé (1850 €) place cette version en porte-à-faux
avec le D4.
Ainsi revue, la gamme S80 pourrait donc retrouver des
couleurs. Bien motorisée, confortable et efficace,
cette grande berline de 4,82 m est une alternative
de choix face à des concurrentes souvent pas mieux
équipées, pas mieux finies et généralement moins
habitables. Au réseau de le faire savoir...
Jacques
Prost
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