Les cow-boys européens, ceux qui pratiquent le triage du bétail à cheval comme au Far West, avaient rendez-vous ce week-end à Kappelen pour une compétition inédite en France. Les cow-boys ont envahi ce week-end les «réserves d'Indiens», ces villages des proches collines du Pays de Sierentz présentés ainsi par leurs représentants (au premier rang desquels le grand chef de Waltenheim Guy Picquet, qui souhaite justement sortir ces tribus de leur réserve). En accueillant, pour la première fois en France, le championnat d'Europe de team et cattle penning, des épreuves de triage du bétail à cheval, le village de Kappelen a en effet vécu 48 heures au rythme du Far West et la ferme d'Alain Muller s'est transformée, pour l'occasion, en immense ranch (lire en page Région dans l'édition du 24 juillet). Les visiteurs pouvaient y croiser une soixantaine de cavaliers, venus de cinq pays différents (dont une quinzaine de Français) et tous vêtus comme il se doit : stetson sur la tête, santiags aux pieds, jean et chemise de cow-boy. Ils pouvaient aussi y admirer des chevaux de toute race, dont beaucoup de Quarter horses, les spécialistes du travail de ranch, ainsi que les 140 têtes du troupeau de bovins, des broutards âgés de 6 à 9 mois, qui se sont relayés dans les courses. Ils pouvaient s'équiper dans un magasin improvisé au nom évocateur, le Horseman store, se restaurer sous le chapiteau tenu par les bénévoles de l'association organisatrice, Western Evasion, créée il y a trois ans à Durlinsdorf, ou encore assister samedi, après la compétition, à une soirée country, animée par l'orchestre Texas Sidestep.
Amateurs et professionnels
Mais le clou de ces deux journées se déroulait sur le vaste terrain clôturé, situé à l'arrière de la ferme. Sous le regard pointilleux d'un jury luxembourgeois, les cavaliers, en équipe (team penning) ou en solo (cattle penning) se sont succédé dans les différentes catégories : moins de 18 ans, amateurs et open (professionnels). En 90 secondes pour les pros ou 2 minutes 30 pour les autres, les participants devaient trier trois veaux déterminés par un même numéro, parmi un troupeau d'une vingtaine de têtes, et les faire entrer dans un enclos. Du vrai travail de cow-boy américain, qui a fasciné plus d'un spectateur. Même si la fréquentation a été moindre le dimanche, en raison d'une météo capricieuse qui a toutefois fait grand bien aux bêtes, Jean-Claude Dolfus, le président de Western Evasion, semblait ravi de ce week-end. L'essentiel, pour lui, étant de faire connaître et progresser ces pratiques du team et cattle penning, plus répandues chez nos voisins allemands et hollandais qui ont pris la compétition très au sérieux. D'autres, à l'image de l'équipe locale de Kappelen, concouraient surtout «pour le plaisir». «C'est un sport à la portée de tous les cavaliers, expliquait Jean-Claude Dolfus. Il y a 50% de chance. C'est la ruse du bétail face à l'intelligence humaine.»
SURFER Sur le site de l'association Western Evasion, créée il y a trois ans à Durlinsdorf : http://perso.wanadoo.fr/western.evasion
Le but de la manoeuvre est de faire sortir un ou trois veaux déterminés d'un troupeau d'une vingtaine de têtes et le(s) faire entrer dans un enclos en un temps limité.
Magali Claudel











