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Née en
essence, la grande A8 s’offre enfin un diesel. Un V8
de 275 ch. La plus efficace des grandes routières
mazout, c’est elle.
La grande A8 est
remarquable de sobriété. Point d’outrance de style
façon BMW 7 mais un classicisme fort bienvenu et
qui devrait résister à l’outrage des ans.
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Sans
diesel point de salut, dans le haut de gamme
surtout: Audi offre donc une mécanique sans
bougies à sa grande A8. Le CV époustoufle: 4 litres
de cylindrée, 8 cylindres en V, 32 soupapes,
double turbo à géométrie variable, double échangeur
air/air, injection directe common rail, 275 ch,
650 Nm à 2000 t/mn. Il n’y a que les
Allemands pour s’amuser à ça mais on ne voit
pas trop pourquoi ils s’en priveraient vu que
pareille débauche technologique se vend.
Ainsi motorisée, la grande Audi ne perd rien de
son charme. Bien au contraire. Silencieux, souple,
disponible, puissant évidemment, le V8 assure des
performances chronométriques de première,
nettement supérieures à celles de l’ancien V8
3.3 de 225 ch. Difficile de ne pas le préférer
au V8 4.2 essence. L’A8 inaugure une boîte
automatique séquentielle Tiptronic (première sur
un TDI) à 6 rapports très agréables en
conduite coulée, même rapide, mais décevante en
usage sportif par son manque de réactivité. Il
est vrai que conduire ce genre de véhicule «sportivement»
prédispose à l’internement immédiat… La
consommation? Très raisonnable aux allures réglementaires
(moins de 10 litres) et jusqu’à 14 litres
aux autres soit une belle autonomie moyenne grâce
aux 90 litres du réservoir.
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Moins
lourde qu’une Volkswagen Phaeton,
l’A8 est nettement plus vive et tout aussi
confortable
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Pareille
mécanique est remarquablement digérée par
l’excellent châssis de l’A8 (et la rigidité
de sa caisse tout alu) d’autant qu’il est
couplé à la transmission intégrale quattro. La
suspension est pneumatique et pilotée, les béquilles
électroniques (ESP, antipatinage ESR, blocage de
différentiel EDS…) au rendez-vous et le résultat
est édifiant pour un engin dépassant les 5 mètres
de long et avouant près de 2 tonnes sur la
bascule. Certes, la lourdeur sur le train avant
n’est pas qu’une impression et l’A8 est
moins vive et maniable qu’une V8 essence, à
peine plus légère il est vrai, mais le résultat
d’ensemble force l’admiration, y compris sur
les petites routes parfois piégeuses du Val de
Villé.
Nettement plus légère qu’une Volkswagen
Phaeton grâce à sa structure tout alu, l’A8
est autrement plus vive et réactive sans pour
autant abandonner de points sur les grands axes
plus rectilignes. Le confort est au-dessus de tout
soupçon grâce à une suspension absorbant plaies
et bosses sans coup férir et à de bons sièges.
Bien évidemment, vu le prix demandé (88600 €
en prix de… base), l’équipement est royal
avec le nécessaire et le superflu si besoin. Une
A8 dignement équipée avec des sièges tout électriques,
une hi-fi quasi professionnelle, le GPS voire les
phares xénon adaptatifs, la télévision ou les
splendides jantes alu de 19 aura néanmoins
du mal à tomber sous les 100000 €, tarif
au demeurant exigé par ses principales
concurrentes. Partant,
Audi espère bien prendre sa part du gâteau
diesel parmi les grandes berlines et table sur 65%
des ventes A8 avec le V8 TDI. Soit 390 exemplaires
vendus sur un global A8 de 600. A noter que la
gamme A8 s’enrichira en février prochain de la
prestigieuse motorisation essence W12 et d’un V6
TDI trois litres de 225 ch…
Le
4.0 V8 est une très belle pièce. Audi
assure que le V10 de la cousine Phaeton de VW ne
devrait pas venir se loger sous le capot de son
A8. Trop lourd.
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Jacques
Prost
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