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Plébiscité
aux États-Unis, Lexus mérite mieux que l’indifférence
européenne. Surtout avec ce délicieux coupé-cabriolet
SC 430.
DÉVOILÉ
en 1999 à Tokyo à l’état de concept-car, le Lexus SC
430 est un coupé-cabriolet 2+2 — euphémisme signifiant
que les deux places arrière sont anecdotiques mais au
moins existent-elles… — commercialisé en France depuis
l’été 2001 et vendu depuis au compte-gouttes. 99 exemplaires
l’an dernier. L’objet est certes cher (74550 €) mais
ses concurrents aussi et souvent bien plus, sans raison
valable, ce qui ne les empêche pas de trouver preneur.
Je songe tout particulièrement au SL de Mercedes, moins
puissant, moins bien équipé et plus cher de 8000 € dans
sa version d’attaque 6 cylindres/245 ch.
On sait les qualités Lexus: qualité de fabrication,
insonorisation, confort. Et les défauts: une conduite
un peu aseptisée. Le SC 430 est une vraie Lexus. Autant
dire un engin irréprochable en statique et mené bon
train mais pas une terreur des circuits. La ligne? C’est
évidemment subjectif mais l’originalité du dessin est
indiscutable et le résultat, à mes yeux, fort plaisant
et de nature à bien vieillir. Toit en place, le dynamisme
de l’ensemble est étonnant. Une très belle automobile.
Question
rapport équipement/qualité/prix, la concurrence est
laminée…
Le
toit, justement. En dur et escamotable façon… Peugeot
206 CC. 25 secondes pour passer de coupé à cabriolet,
l’opération étant bien entendu 100% automatique. Seule
victime du déshabillage, le coffre, qui passe de plus
de 350 à moins de 150 litres quand le pavillon s’y loge.
Lexus a tout naturellement joué la carte de l’équipement
et l’engin ne manque de rien. Pas même d’un système
de navigation ou d’un contrôle de pression des pneus.
Les phares sont évidemment au xénon, le cuir et le bois
à tous les étages, la hifi exceptionnelle, la climatisation
aussi. Bref, pour ce qui est du rapport équipements/prix,
la concurrence est laminée d’autant que la qualité des
matériaux utilisés est sans équivalent. Généreux, l’espace
vital avant est particulièrement agréable à vivre dans
cet univers raffiné où l’ensemble volant-sièges réglable
électriquement assure une bonne position de conduite.
Sous le capot, Lexus a installé ce qu’il avait de mieux:
le 4.3 V8 développant 286 ch déjà vu sur les grandes
berlines GS/LS 430. Accouplé à une boîte automatique
à 5 rapports (non séquentiels) très douce mais manquant
hélas un peu de finesse de jugement, ce beau moteur
est une invitation permanente à la balade, à une conduite
épicurienne où chaque instant est à savourer, où chacun
des sens, l’ouïe, la vue, l’odorat, le toucher — pour
le goût, je ne vois pas… — peut trouver matière à s’exprimer.
La consommation est évidemment au diapason de la puissance
et du poids avec une moyenne, raisonnable au demeurant,
de 12,5 litres.
N’empêche, le SC 430 peut aller vite au besoin sans
toutefois une once de sportivité. Lexus a imaginé un
châssis et des trains roulants (ceux, revisités, de
la berline LS 430), parfaitement efficaces et les grandes
jantes de 18 assurent une empreinte au sol fort correcte
et une bonne motricité au train arrière moteur. Bien
entendu, les aides électroniques sont là, avec un antipatinage
déconnectable pour qui le souhaite mais à quoi bon.
L’équilibre général est convaincant, l’ensemble certes
un peu lourd (1750 kg sur la bascule), le freinage puissant
et résistant, épaulé par un antiblocage discret. Bref,
comme on dit aujourd’hui, que du bonheur…
Jacques
Prost
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