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Le pionnier se rebiffe

Aussi anguleux que l’autre était rondouillard mais toujours aussi bien fichu: le nouveau Scenic reprend la main dans le segment des monospaces compacts.

Le Scenic II reprend le nouveau style, très anguleux, de la Mégane, de l’Espace et de la Vel Satis (DR)
DEUX MILLIONS d’exemplaires vendus en sept ans, dont 600000 en France: le premier Scenic aura, sans vergogne aucune, dominé le monde du monospace compact qu’il créa un jour de 1996. Mégane des familles, l’engin s’est imposé par son intelligence et son pragmatisme, et son descendant semble devoir lui emboîter le pas. Même si le contexte concurrentiel est tout autre.
Troisième étage de la fusée Mégane — qui en comptera sept d’ici courant 2004 — le Scenic ne dépaysera pas les amateurs du genre. Aussi anguleux que l’ancien était rondouillard — à l’image des berlines dont il dérive — et finalement très «petit Espace», le Renault reprend les standards du genre avec un rapport encombrement-habitabilité pertinent et une modularité maximale. Icelle, du reste, ne progresse pas — n’était la possibilité de baisser le dossier du siège passager avant — mais il est vrai que Renault avait placé haut la barre. À peine plus accueillant que l’ancien malgré ses 8 cm supplémentaires (4,26 m) — une version 7 places avec empattement rallongé est promise pour le printemps 2004 — le Scenic II joue la qualité de vie à bord avec une jolie présentation, spécifique et non plus reprise de la Mégane, une meilleure qualité visuelle qu’auparavant, un équipement généralement peu compté — on oubliera toutefois la version de base parfaitement inintéressante — et une foultitude de rangements plus ou moins secrets.
Les trois sièges arrière sont évidemment manipulables dans tous les sens, coulissants et repliables et, nouveauté, sont automatiquement bloqués lorsque repliés derrière leurs homologues avant. Bien vu: l’immense surface vitrée (jusqu’à 7 m2 avec le toit ouvrant double), le gigantesque bac de rangement entre les deux sièges avant (lorsque le frein à main automatique libère l’espace), la boîte à gant réfrigérée, la tablette cache-bagage réglable sur trois hauteurs pour permettre de mieux compartimenter le coffre. Ledit coffre va de 430 à 1840 litres, ce qui n’est pas rien. Dommage que le hayon en deux ouvrants ne soit pas systématiquement de série. Une incongruité: l’emplacement invraisemblable de la platine de commande du système de navigation…

Un must dans cette caisse: le dCi 120 aussi performant que sobre

Volant en mains, le Scenic II surpasse indubitablement son aïeul. Le comportement routier est plus net, plus franc, avec moins de mouvements de caisse et l’efficacité est supérieure. L’ensemble reste néanmoins assez pataud et lourd du nez malgré un contrôle de sous-virage inclus dans le régulateur de stabilité ESP prévu sur certaines versions. Excellent confort grâce à un amortissement plus rigoureux. On se sent bien à bord de cette automobile et notamment au volant malgré des assises de sièges un peu courtes. Excellente position du levier de vitesses, désormais greffé sur la planche de bord. Direction électrique un peu trop légère et réactive, freinage surassisté mais efficace. L’ABS est évidemment de série.
Côté mécanique, on retrouve les moteurs déjà vus sur la Mégane, en essence et en diesel avec notamment l’excellent dCi 120, de loin le plus agréable. Rond, très disponible avec un couple porté à 300 Nm et sa boîte mécanique à 6 rapports, silencieux et bien élevé, ce quatre cylindres moderne (injection directe à rampe commune) sied tout particulièrement au Renault, d’autant qu’il sait rester sobre (moins de 8 litres en mixte). Moins tonique mais pas asthmatique et à peine moins gourmand (7,5 l), le dCi 80 peut convenir à qui ne roule pas régulièrement à pleine charge et fréquente assidûment les zones urbaines et suburbaines. Boîte mécanique 5 dans ce cas. Un dCi 100 suivra. Trois groupes essence au menu: un 1.4 de 98 ch, un 1.6 de 115 ch et un deux litres de 136 ch. Le deuxième est intéressant, d’autant qu’il peut être marié à l’automatisme séquentiel à 5 rapports et sera bientôt proposé en GPL. On évitera le petit, vraiment petit, tandis que le gros déçoit par sa relative apathie à mi-régime. Dans tous les cas, ces mécaniques doivent s’accommoder de quelques dizaines de kilos supplémentaires et, de fait, le Scenic rend quelques points à son prédécesseur au chapitre performances brutes. Rien de bien grave toutefois, un Scenic s’achetant rarement pour sa tenue face au chrono…

Jacques Prost