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  L’A3 ou relance pour un must

Icône des beaux quartiers, la compacte de chez Audi fait sa mue. Posément mais plus profondément qu’il n’y paraît.

Remodelée pour plus de dynamisme,
l’A3 est moins élégante qu’auparavant, plus sportive. Question de goût…

Avant elle, la compacte était — forcément — plébeienne. Une petite voiture de peu de sous. En 1996, lorsqu’elle arrive sur le marché, l’Audi A3 se lance un fameux défi: débusquer une clientèle capable d’investir autant d’argent dans à peine plus de 4 m que dans 4,50 m et plus, dans une Golf endimanchée qui plus est. Pari tenu: en sept ans, l’auto a été vendue à près de 900000 exemplaires, dont 80000 en France, incitant au passage BMW et Mercedes à lui emboîter le pas avec la Série 3 Compact et le Coupé Sport Classe C.
Quid de la nouvelle? La même en mieux. Sauf, peut-être, au regard. Résistance au changement plaideront les conquis, mais il est parfaitement vrai que l’auto perd en élégance ce qu’elle gagne en agressivité. Question de goût. Dedans itou: l’ambiance s’est rapprochée de celle du TT, plus sportive qu’auparavant, moins chic BCBG. Bien meilleure grâce à l’assise du siège plus basse, la position de conduite participe de cette impression. La qualité générale est toujours là, moins évidente toutefois en raison d’un grainage de peau de planche de bord moins flatteur, mais l’équipement s’avère un peu plus riche qu’auparavant: la climatisation droite/gauche est ainsi prévue dès le premier niveau Attraction et toutes les A3 profitent de 6 airbags. Le catalogue des options n’est pas pour autant vide…
Plus longue de près de 5 cm (soit 4,20 m), plus large de 3, à peine plus basse et reposant sur un empattement étiré de 6,5 cm, la nouvelle compacte d’Ingolstadt est globalement plus habitable que l’ancienne. A l’arrière surtout mais il n’y a toujours pas de quoi pavoiser. Le coffre ne progresse pas (350/1100 litres), assez carré et facile à exploiter, mais on se demande bien pourquoi l’assise des sièges n’est plus rabattable! Autre regret, les vitres de custode désespérément fixes, inadmissible sur une voiture facturée 21300   en prix d’attaque.

Volant en mains, le progrès est notable. Plus efficace, plus confortable,
l’Audi est finalement plus agréable

De fait, l’évolution la plus visible… ne se voit pas. La plate-forme en l’occurrence, celle du récent monospace Touran et de l’imminente Golf V associée à un train arrière multibras repris (et optimisé) des versions quattro de l’ancienne génération. Volant en mains, la différence est très nette et l’A3 est incontestablement plus efficace, plus sereine, quel que soit le profil de la route, plus précise aussi. Le confort n’est pas encore au niveau d’une 307 ou d’une Mégane — surtout avec le châssis sport et les jantes de 17 - mais le plaisir de conduite est évident, presque sportif. Bonne direction, électromécanique et non plus hydraulique, freinage puissant et, semble-t-il résistant à l’effort. L’ABS est évidemment de série tout comme l’ESP, remarquable de discrétion, et intégrant notamment un antipatinage, un différentiel autobloquant et la régulation du couple moteur.
Côté mécanique, belle surprise avec l’arrivée en fin d’année du V6 3.2 de 250 ch déjà vu sur le Coupé TT. Pour l’heure, le deux litres à injection directe FSI de 150 ch (boîte mécanique 5 ou, bientôt Tiptronic 6) chapeaute la gamme essence où l’on attend également le petit 1600 de 102 ch. Deux propositions en diesel: le TDI 105 et un deux litres TDI 140. Celui-ci est particulièrement intéressant: son joli tempérament, quelque peu assagi par rapport au 130, sied parfaitement à l’A3 et il peut profiter en option de la transmission quattro (de série avec le V6) laquelle lisse les effets de couple. Mais pas le bruit, un peu présent. Consommation ridicule compte tenu des performances. Pour l’heure marié à une boîte mécanique à 6 rapports, ce TDI pourra être combiné un peu plus tard avec le système automatique séquentiel DSG déjà vu sur le TT V6.
Plus doux, moins vibrant et somme toute très plaisant avec un bel entrain dans les tours, le FSI est un bon choix pour qui n’est pas obsédé par le prix du carburant: si elle fait sentir ses effets sur la consommation à bas régime, l’injection directe essence n’a en effet que peu d’influence au delà et le bilan énergétique reste nettement en deçà de celui du TDI. Audi France s’attend du reste à immatriculer 80% des ses A3 en diesel mais il est vrai qu’en positionnant le FSI au même prix que le TDI, l’importateur ne se donne pas vraiment les moyens d’inverser la tendance…

Jacques Prost