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  Le diesel superlatif

Après Peugeot, après Mercedes, BMW s’en vient au coupé diesel. On imagine les prises de tête à Munich, mais le résultat est là. Proprement époustouflant.

Légèrement retouché au plan du style, le Coupé Série 3 est une très belle automobile. La fin d’un style BMW probablement...

D’accord, c’est un diesel. V6 tout de même, injection directe common rail bien entendu, 204 ch surtout. Pas le plus gros, ni le plus puissant, ni le plus coupleux, mais sans aucun doute un des mieux élevés et, dans cette caisse relativement compacte, un des plus agréables à vivre. Bref, en troquant son sigle Ci contre un Cd nettement plus roturier, le coupé 330 de BMW — qui retouche très habilement sa robe et notamment sa proue — ne perd rien de son charme. Du reste, BMW France estime qu’il devrait assurer deux ventes de Coupé sur trois.
De fait, les ingénieurs munichois n’ont pas eu trop de travail pour réussir la transmutation et un 330 Cd ne diffère de son alter ego que sur peu de points, l’ensemble moteur-boîte évidemment mais aussi les trains roulants. Assez fermes, ceux-là supportent le poids du V6 diesel et surtout son couple nettement plus conséquent, supérieur à celui... d’une M3. Le 330 Cd affiche néanmoins peu ou prou le même comportement que le Ci, n’étaient bien sûr les effets de la relative inertie de sa mécanique sur les transferts de masse et les kilos supplémentaires sur le train avant. L’automobile reste fort plaisante à mener, très efficace et plutôt rassurante pour une propulsion de cette puissance et de ce poids (1600 kg), mais il est vrai qu’elle peut compter sur un bel équilibre, d’excellents pneumatiques de 17 pouces et, surtout, sur des aides électroniques fidèles au poste et régulièrement sollicitées. Le tout débranché (sauf l’ABS), la prudence s’imposera évidemment sur chaussée mouillée mais, par exemple, le BMW m’est apparu notablement moins caractériel que le Mercedes Classe C Coupé sport CDI AMG essayé ici même il y a peu, et néanmoins plus vivant que le CLK 270 CDI du même Mercedes, il est vrai moins puissant (170 ch). On constatera une nouvelle fois que les deux Allemands ne bradent pas leurs jolis produits mais que sur ce point BMW se montre bien moins gourmand: 38550 € pour un 330 Cd, 41500 € pour un CLK 270 CDI. On attend le nouveau coupé 406 de Peugeot (2005) dont une des versions roulera HDI V6 de 215 ch, d’autant que l’écart de prix pourrait être très réduit: un 406 2.2 HDI Pack actuel coûte déjà 33700 € avec un «malheureux» quatre cylindres de 136 ch...

La puissance grimpe, la consommation baisse...

Également disponible sur la berline, le moteur est tout bonnement une merveille. Plus rond encore, plus disponible et plus alerte que l’ancien 3 litres de 183 ch grâce notamment à un gros travail sur l’injection directe à rampe commune — la pression passe de 1350 à 1600 bars — et la suralimentation, ce V6 semble disposer d’un souffle inépuisable et affiche une sérénité peu commune. Pas de bruit, pas de vibration, on touche là au diesel d’exception. La nouvelle boîte mécanique à 6 rapports est précise et bien étagée — mais un peu dure — un dispositif séquentiel classique type Steptronic à 5 rapports (pas le SMG de la M3) étant proposé en option. Optons pour le dispositif automatique, réactif et bien accordé à la mécanique mais hélas pas donné: 2100 € l’option.
Le plus étonnant dans l’affaire est la consommation, en baisse malgré la puissance en hausse: une moyenne de 7,5 litres est parfaitement plausible sans pour autant traîner et il sera sans doute difficile de dépasser les 9 litres. Certes plus vivant encore et plus alerte dans les tours, un 330 Ci de 231 ch fait ici grise mine mais on sait les motoristes pour l’heure encore plus «successful» en terme de rendement lorsqu’ils planchent sur des mécaniques diesel. Peut-être plus pour longtemps: le système d’admission Valvetronic inauguré sur les quatre cylindres 1.6/1.8 essence réduit sensiblement l’écart en terme de rendement avec un diesel équivalent. Le début d’une révolution?
Jacques Prost