Selon France Télécom, 88% de la population alsacienne aura accès à l'ADSL d'ici au mois d'août prochain. La région qui est d'ailleurs en pointe en matière d'Internet à haut débit.
LA TECHNOLOGIE ADSL, principale porteuse du développement de l'Internet haut débit, n'existe que depuis 1999. Dès le début, l'Alsace était de l'aventure puisqu'elle fait partie des trois régions de province retenues pour le lancement. Six centraux téléphoniques ont donc été équipés pour l'ADSL en décembre 1999. Comme l'explique Daniel Ganzitti, directeur du projet ADSL à France Télécom Alsace: «On croit souvent que nous équipons des villes, mais nous équipons en fait nos centraux». C'est pourquoi il peut arriver qu'une petite commune soit couverte avant sa voisine plus grosse, parce qu'elle dépend d'un central plus important. En août prochain, 107 zones devraient être déployées sur les 208 que compte la région. À peine plus de la moitié, sans doute, mais cela correspond à 88% de la population alsacienne. Une population qui profite de la technologie mise à sa disposition: 10,5% des gens qui peuvent se connecter au réseau ADSL l'ont effectivement fait par l'un ou l'autre des fournisseurs d'accès se disputant le marché.
Des taux de couverture de 91% en 2004 et de 95% en 2005, confortant pour l'Alsace son statut de meilleure région de province
La progression est impressionnante: sur les 800000 lignes téléphoniques d'Alsace, les clients ADSL étaient 2000 fin 2000, 13000 fin 2001 et 45000 fin 2002. «Au rythme actuel de 1150 nouveaux clients par semaine, on devrait avoir 100000 clients fin 2003», se félicite Daniel Ganzitti. Si le projet de déploiement de France Télécom Alsace est validé par les instances nationales, 16 nouvelles zones devraient ouvrir en 2004 et 22 autres en 2005, ce qui permettrait d'atteindre des taux de couverture de 91% en 2004 et de 95% en 2005, confortant ainsi très largement pour l'Alsace son statut de meilleure région de province. Mais au fur et à mesure qu'il se poursuit, ce déploiement coûte de plus en plus cher. En effet, France Télécom a commencé par les centraux les plus rentables (les plus gros en nombre de lignes) et ceux qui étaient technologiquement prêts. En août prochain, tous les centraux de plus de 2000 lignes seront équipés. Restent à présent des centraux ruraux couvrant peu de monde et, dans bien des cas, auxquels il manque la nécessaire connexion par fibre optique à un concentrateur. Et cette mise aux normes coûte cher, très cher: «Le central de Seppois est potentiellement intéressant, commercialement parlant, mais il n'est pas équipé en fibre optique. Il nécessiterait un investissement de 250000 E, ce qui rend la rentabilité nettement plus difficile», précise Daniel Ganzitti. Depuis la première ouverture, en 1999, c'est 15 millions d'euros que France Télécom a investi pour l'ADSL en Alsace. Ce n'est donc pas demain que le central de Kiffis, le plus petit d'Alsace avec seulement 145 lignes, sera préparé pour l'ADSL par France Télécom. Le même problème se posera dans l'ensemble des zones très rurales, si les collectivités locales ne mettent pas la main à la patte (Lire l'article «Haut débit et collectivités»). Mais les habitants de ces zones ne sont pas les seuls à ne pouvoir profiter de ce type de haut débit. En effet, à cause d'un phénomène d'affaiblissement du message avec la distance, seuls les foyers placés dans un rayon de cinq kilomètres autour des centraux peuvent disposer de l'ADSL. 7% de la population dépendant de centraux ouverts ne peuvent ainsi être raccordés du fait d'une trop grande distance à leur central. Et seule une nouvelle technologie permettra de réduire cette fracture numérique.











