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  Deux places sous la tente

Juste une capote, minuscule, et deux places seulement: Ford ose la Streetka.
On applaudit bien fort.

La ligne de la Streeka est craquante. Dommage que Ford France ne propose pas une version simple abaissant le ticket d’entrée. (DR)

UN PEU PLUS et la Streetka aurait servi d’épitaphe à la Ka. Curieux en effet que Ford ait tant attendu, sept ans (!) en fait, pour décliner sa petite berline en cabriolet alors qu’un Peugeot fait un tabac avec sa 206 décapsulée et que, c’est patent, l’heure est à l’automobile de loisirs. Curieux, car dès le printemps 2000, le constructeur dévoilait un concept-car signé Ghia très proche de la version aujourd’hui commercialisée et produite chez... Pininfarina. Qu’importe, elle est là, carrément sublime, et le prix exigé, 18 900 € tout de même, ne devrait pas suffire à doucher les enthousiasmes. Du reste, qu’existe-t-il en dessous?
Streetka? Deux places sous tente, un point c’est tout. Pas de toit en dur escamotable façon Peugeot CC, trop cher et trop encombrant, juste quelques centimètres de toile (non doublée) à manipuler sans modération tant la manœuvre est simplissime (quoiqu’il faille descendre de l’auto). Un vrai roadster. Un hard top en dur, très seyant, sera proposé mais bon, pas vraiment utile sauf à vivre au pôle Nord et à n’avoir point de garage. L’objet coûtera 1500 €.
Capotée ou tête nue, la Streetka a le charme ravageur. Façon Audi TT. On adore les grandes roues de 16 rejetées aux quatre coins, la poupe façon cul de poule - le feu de recul singeant un échappement central est une trouvaille - le profil terriblement Ton-Ka. C’est un peu moins excitant dedans avec un ensemble repris de la berline Ka mais bon, il fallait surveiller le prix. Jolis compteurs, très jolis sièges recouverts de cuir en série, adorable pommeau de vitesses tout alu. Espace disponible mesuré mais on s’en serait douté compte tenu du gabarit (3,65 m). L’équipement est complet avec la climatisation, quatre airbags et une radio-CD avec chargeur. Pas de volant réglable, hélas.

95 ch? Et alors, le plaisir n’est pas qu’affaire de chevaux vapeur...

Au volant, la magie continue. 95 ch «seulement» sous le capot mais l’engin n’est pas très lourd et son agilité diabolique jointe à l’efficacité de son châssis et à la précision de la direction en fait un monstre d’agrément. Ford a judicieusement élargi les voies de la Ka normale et ça se sent. Rien à voir avec une Cobra des grandes années mais le plaisir n’est pas qu’affaire de chevaux vapeur. Le petit 1600 à 8 soupapes est vif à souhait, bien exploité par une boîte manuelle à 5 rapports, pas trop gourmand (8 litres), et le bilan dynamique est donc très favorable, surprenant même pour une traction, pour tout dire supérieur à celui d’un 206 CC, globalement plus bourgeois et un peu moins rigide. Le Sochalien argue, il est vrai, de quatre places et son toit escamotable suffira à emporter l’adhésion de beaucoup, d’autant qu’il est à peine plus cher à équipement égal.
Le confort? Quel confort? L’ironie est facile et relativement déplacée ici: la Streetka fait correctement son boulot. On n’est pas plus que ça bringuebalé mais évidemment les chaussées les plus agressives ne passeront pas inaperçues. Avantage de la capote, un coffre convenable (215 litres) même à ciel ouvert. Cette Ford a décidément du chien. Du Ka-niche, évidemment, compte tenu du côté marginal de l’engin...