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Un 4X4 très épicé
Une Porsche à 5 places ? Ça existe. C’est le Cayenne. Le 4x4 le plus sportif du moment.

Avec tout près de 4,80 m de long et 2 m de large, le Cayenne est un géant (DR).

ON L’A OUBLIÉ, mais Porsche a couru et gagné... le Paris-Dakar. Dans les années 80 avec une 959 intégrale. Pas suffisant, c’est probable pour justifier le Cayenne, le 4x4 le plus puissant, le plus cher, le plus Porsche du marché, mais c’est dire qu’il a une relative légitimité... historique. D’autant que le mythe 911 a cédé, lui aussi, à la transmission intégrale depuis 1988. Pour le reste, la vraie raison d’être de cet engin, limite tolérable pour un Porschiste pur et dur, s’appelle États-Unis : là-bas, les gros SUV se vendent comme des petits pains. Avec son image en béton, le constructeur de Zuffenhausen ne devrait donc pas éprouver trop de difficultés à tracer sa route.
Le Cayenne ? Un Touareg Plus. Porsche et Volkswagen ont en effet travaillé ensemble sur le projet - Porsche songea un temps à Mercedes - et leurs 4x4 ont bien des points communs, évidemment invisibles à l’œil nu : la coque autoporteuse en est un, fabriquée en Slovaquie par Wolfsburg, mais pour l’essentiel les deux constructeurs ont fait route séparée, qu’il s’agisse du design, des ensembles moteurs-boîtes ou des trains roulants. Officiellement pas question de TDI chez Porsche.
Au bout du compte, les deux engins sont assez sensiblement différents : le Porsche ajoute une sportivité bien dans la tradition maison avec un style plus affirmé - mais aussi moins élégant - et un comportement plus incisif sur route au prix, il est vrai, d’une sensible dégradation du confort.

On verrait bien ce V8 sur une Porsche de route ; ce n’est pas prévu...

La version de cet essai est la « petite », siglée Cayenne S. Même V8 4.5 que la version turbo mais avec 340 ch et 420 Nm de couple au lieu de 450 et 620. On n’avait plus vu de V8 chez Porsche depuis la regrettée 928 de la fin des années 70 mais, visiblement, les gens de Zuffenhausen n’ont pas perdu la main. Cette belle mécanique ne manque ni de tempérament ni d’éducation avec sa distribution variable et s’accommode des largement plus de deux tonnes de l’engin avec une fort belle aisance. Aucune vibration, pas d’hésitations, belle rondeur, jolie présence dans les tours, joli bruit caverneux. Porsche promet moins de 15 litres en moyenne... On verrait bien cette noble mécanique dans une Porsche « routière » mais ce n’est pas prévu : loger un V8 sous le capot d’une 911 poserait, il est vrai, quelques problèmes...
Pour l’heure, le Cayenne S est proposé avec une boîte automatique séquentielle Tiptronic à 6 rapports mais un système mécanique, également à 6 rapports, sera disponible en série fin 2003. Sinon l’économie (2655 €), on ne voit pas trop l’intérêt de ce dispositif tant l’automatisme adaptatif est parfait, sur route comme en TT.
Permanente, la transmission intégrale est particulièrement évoluée avec un réducteur, un blocage de différentiel central et un dispositif gérant automatiquement le transfert de couple de 38 % sur l’avant et 62 % vers l’arrière - schéma de base - jusqu’à 0 ou 100 % sur l’un des deux trains. Un autre dispositif électronique gère directement l’ABS, l’antipatinage, la régulation différentielle antipatinage et le contrôle de stabilité en intervenant sur les freins des 4 roues et la gestion du couple moteur. Un blocage de différentiel arrière et des barres antiroulis déconnectables (pour augmenter le débattement de la suspension) seront disponibles en fin d’année. Côté suspension, le Cayenne S est équipé en série d’un système classique ressorts/amortisseurs mais peut profiter en option du système pneumatique voire de la suspension active de la version Turbo. C’est évidemment plus cher, mais c’est aussi plus efficace et plus confortable grâce à la régulation de l’amortissement limitant les mouvements de caisse et à la hauteur de caisse réglable. Pourtant costaud sur le papier, le freinage m’est apparu un peu tendre sur route.
Résultat de tout ça ? Le Cayenne se conduit comme une grosse berline sur la route - nonobstant le poids et l’inertie - et se hisse au niveau des meilleurs 4x4 hors bitume (avec notamment une garde au sol culminant à 27 cm avec la suspension pneumatique) pour autant qu’il soit correctement chaussé. Reste à vérifier l’intérêt d’un tel engin...

Jacques Prost

Le Porsche Cayenne nous a été aimablement prêté par Passion Automobiles, concessionnaire de la marque à Mulhouse-Sausheim.