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Née en trois
volumes, au printemps 2002, la Vectra, troisième du nom, n’avait
pas totalement convaincu. Un peu fade au regard comme à la
conduite, sans trop d’âme et de surcroît pas très
efficace sur la route et même franchement pataude. En lui
greffant un hayon mais surtout en retouchant ses trains
roulants, les ingénieurs de Russelsheim ont fait ce qu’il
fallait pour rendre la grande Opel plus séduisante et, du
reste, cette nouvelle version GTS cannibalise l’autre avec
férocité. 8 à 9 GTS pour une Vectra classique,
confirme Christian Andréani, le concessionnaire mulhousien.
Plus réservé, le constructeur table sur 60 % des ventes
Vectra en 5 portes.
L’auto, il est vrai, a nettement plus de charme. Plus basse
de 20 mm, assise sur de grandes jantes alu de
17 pouces, affinée par la courbure de son arche de toit,
dynamisée par une face avant plus agressive, la Vectra GTS
apparaît plus dynamique et révèle au regard un tempérament
presque sportif que la main aura tôt fait de confirmer au
volant. La présentation intérieure confirme le caractère de
l’auto : volant trois branches, sièges plus
enveloppants, compteurs cerclés de chrome. Quoique un peu
froid et rigide, l’ensemble présente bien et la qualité
est appréciable. Certains plastiques ont toutefois mauvais
genre.
Un des atouts majeurs de cette GTS est d’avoir l’exclusivité
du V6 essence 3.2 (14CV). L’engin n’explosera pas les
ventes Vectra mais l’offre a le mérite d’exister d’autant
qu’elle met en valeur les qualités de l’auto. Cette belle
mécanique étonne par son dynamisme dans une caisse
relativement conséquente au point de faire plus que ses
211 ch : ainsi motorisée, la Vectra est réellement
très performante et je ne saurais trop conseiller de choisir
la transmission automatique à 5 rapports séquentiels,
parfaite ici et mieux étagée que le système manuel.
Douceur, moelleux, tempérament, l’ensemble a de l’allure.
On peut imaginer que le nouveau quatre cylindres
2.2 turbo essence de 175 ch et 265 Nm de couple
dès 2500 tmn donnera de bons résultats.
Cette
automobile, un peu massive certes, a bien du charme…
Essayée dans la
foulée, la même GTS équipée du 2.2 diesel DTi (8CV)
est évidemment moins flatteuse. Les 125 ch sont plus à
la peine mais le couple quasi équivalent de 280 Nm
situé moitié moins haut autorise de bonnes relances avec,
naturellement, un avantage à la pompe très marqué :
8 litres de gazole en moyenne contre11 l de super
pour la V6. Privé de rampe commune d’injection (common
rail) mais doté d’un turbo à géométrie variable, ce
quatre cylindres manque un peu de discrétion et vibre à
froid et à bas régime mais tout s’arrange en route pour
devenir honorable grâce à une insonorisation soignée. RAS
côté boîte manuelle — avec toutefois un étagement mal
adapté — mais là encore le système automatique est
préférable même si le surcoût n’est pas neutre (1300 €).
V6 ou DTi, la Vectra GTS repose sur les mêmes trains roulants
et le bilan est fort positif dans tous les cas. Suspension
affermie, assiette abaissée, direction plus réactive,
régulateur de stabilité plus efficace, l’auto va bien en
toute sérénité, étonnamment vive et maniable compte tenu
de ses mensurations. N’allons pas jusqu’à évoquer l’extraordinaire
Commodore GS/E des années 70, mais cette GTS a effectivement
la fibre sportive sans entamer le confort. Excellent freinage
avec un ABS discret.
Au fond, cette automobile a bien du charme. On pourra lui
reprocher de manquer de finesse, voire de charisme, mais l’ensemble
de ses qualités, son équipement complet, son habitabilité
et son coffre (500 litres mini) en font une très bonne
familiale à bon prix : de 20 550 € pour une
version 1.8 essence de 110 ch en finition GTS à
27 900 € pour une V6 3.2 en niveau
Élégance. La 2.2 DTi Élégance de cet essai est
facturée 25 300 €. Tout ça est très compétitif.
Jacques Prost
L’Opel
Vectra GTS nous a été aimablement confiée par Opel Muller,
concessionnaire de la marque à Mulhouse.
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