Le Théâtre Poche-Ruelle poursuit sa traversée des horizons américains en présentant jusqu'au 22 février un Long voyage vers la nuit où l'on découvre un Eugène O'Neill confiné dans un huis-clos familial. Jean-Marie Meshaka met en scène la douleur de l'auteur dans le creuset familial irlandais. Soit un épisode de sa vie publié post-mortem, car trop de noirceur personnelle n'est jamais belle à exhiber de son vivant. On assiste alors à vingt-quatre heures de la vie d'une famille presque ordinaire. Mais où le jeune O'Neill est surprotégé et surveillé par le reste du trio mère-père-grand-frère en raison d'une tuberculose chronique et d'un penchant pour le whisky.
Mise en scène réaliste
Une famille qui ne sait pas s'aimer, qui ne s'accroche à rien. Un Eugène O'Neill décati qui semble se demander à quoi sert son art. Lui rend-il d'ailleurs service ? Le huis-clos est mis en scène de manière à ce que le spectateur ressente l'angoisse, l'oppression et la souffrance du metteur en scène et d'une famille qui n'a plus beaucoup de souffle. Un décor classique, une musique irlandaise trop entendue. Pourquoi Jean-Marie Meshaka s'accroche-t-il si souvent au réalisme ? Alors que le théâtre contemporain lui permettrait de laisser libre cours à une approche scénique plus détachée des carcans formels dictés par la mise en scène réaliste ? Heureusement, les comédiens s'en sortent à merveille grâce à un jeu réussi. On notera les performances de la formidable Maryse Grob, dans le rôle de la mère du dramaturge, et de Serge Hoffarth, dans celui du père. Un comédien hors du commun qui maîtrise tous les paramètres du jeu d'acteur. Et particulièrement ceux de la diction et de la gestuelle trop souvent escamotées par d'autres. H Corinne Bernard M Y ALLER « Long voyage vers la nuit », au théâtre de Poche, 18, rue du Ballon à Mulhouse. Les 7,8,11, 12, 13, 14, 15, 18, 19, 20, 21, 22 février, à 20 h 30. Les dimanches 2 et 9 février à 17 h. Réservations au 03.89.42.71.15.











