Marienko est une affaire de famille : deux couples (Marie et Jean-David Klipfel, respectivement au chant et aux guitares ; Véronique et Patrick Fogli, aux choeurs et aux claviers), un frère (Sébastien Klipfel, à la batterie), un ami (François Strubel, à la basse). Soudé depuis de longues années, le groupe a d'abord interprété des reprises sur les scènes locales, jusqu'à ce que les talents de compositeur de Jean-David ne s'affirment, à la faveur de sa participation aux « Rencontres d'Astaffort ». Initiées par Francis Cabrel il y a dix ans, celles-ci permettent à des artistes en devenir de confronter leur savoir-faire et de bénéficier de l'expérience de professionnels reconnus.
Les fruits|de l'expérience
« Ce regard extérieur sur mon travail m'a permis de prendre confiance en moi », souligne Jean-David. Pour eXister, un album de quatorze chansons originales publié à l'automne, le musicien a également fait « de gros efforts sur les textes », pour lesquels il s'est fait épauler par d'autres auteurs croisés à Astaffort. S'ils n'évitent pas toujours une sentimentalité un peu naïve, les textes d'eXister sont loin d'être indigents. Marie Klipfel les chante bien, même si sa voix vacille parfois sur la fin des refrains. Production et arrangements soignés, refrains énergiques et guitares héroïques (jusqu'aux solos à la Joe Satriani de L'escale) : la variété rock de Marienko ne révolutionne pas la chanson française, mais soutient facilement la comparaison avec certains succès récents. Un titre comme Palace bord de mer élève même le groupe au rang enviable d'un Paris Combo : un texte gentiment ironique et doucement mélancolique porté par de subtiles circonvolutions vocales, des arrangements acoustiques navigant entre jazz et salsa... Marienko ne manque donc pas d'atouts pour réussir. Pour autant, sans illusions sur l'industrie du disque et nourri d'expériences malheureuses (Jean-David a dirigé pendant cinq ans un petit label mulhousien), le groupe préfère développer ses projets dans son coin plutôt que de se heurter au mur des maisons de disques parisiennes. « Nous voulons leur prouver que ça marche à petite échelle, en se faisant connaître d'abord dans le Grand Est. C'est un créneau très difficile. C'est déjà une réussite quand on arrive à faire écouter notre disque ».
La liberté|et les moyens
Expérimenté (Jean-David signe réalisation, prise de son et mixage), bien entouré (un graphiste, un photographe), Marienko livre un bel objet (CD digipack avec livret), totalement autoproduit via une nouvelle structure associative, Music Media Family. « On a un studio, des compétences, on a convaincu des salles et des radios, note Jean-David. Chacun d'entre nous a déjà vécu de la musique, en prenant tout ce qui venait, les bals du samedi soir... On préfère aujourd'hui continuer à faire ce qu'on aime, sans concession, construire pièce après pièce. Nos jobs parallèles nous donnent les moyens de cette liberté ». Depuis le mois d'octobre, eXister s'est vendu à plus de 500 exemplaires, principalement à la sortie des concerts donnés par le groupe dans la région. Preuve que Marienko réussit à convaincre, pourvu qu'on ait l'occasion de l'écouter. H O.Br. M Y ALLER Samedi 8 février au Pax, rue de Soultz à Mulhouse-Bourtzwiller, le 25 avril au Grillen de Colmar. Contact : Music Média Family, 2e rue du Maréchal Foch 68680 Kembs et www.marienko.com
Marie Klipfel et Véronique Fogli sur scène. Marienko se construit « pièce après pièce ». Pascal Bichain











