L'ex-leader du groupe Téléphone était sur la scène du parc-expo devant ses fans de la première heure.
Il y a des images dont on peut difficilement se défaire. Celle de Jean-Louis Aubert est indéniablement liée à celle de Téléphone. Groupe phare de la scène rock française des années 1980, dissous depuis une bonne décennie, juste avant l'avènement des Noir Désir et autres Louise Attaque. Seuls rescapés de ces dix glorieuses, Jean-Louis Aubert et son batteur-complice Richard Kolinka. Deux survivants même (en référence à la quasi « mort » médiatique de Louis Bertignac et de Corinne Marienneau, les deux autres complices de Téléphone, répondant depuis aux abonnés absents) qui ont choisi de poursuivre leurs aventures musicales. Après Plâtre et Ciment (1987), Bleu, blanc, vert (1989), H (1992) et Stockholm (1987), l'ami Aubert, 47 ans aujourd'hui, est venu présenter au parc des expositions de Mulhouse Comme un accord, titre de son dernier album devant un parterre composé majoritairement de trentenaires et fans de la première heure. Les mêmes qui reprenaient en coeur, l'acné juvénile en plus, les grands standards de Téléphone au milieu des années 1980 lors d'un concert mémorable au Palais des sports mulhousien.
Douce frénésie
On en veut pour preuve, la douce frénésie qui s'emparait de l'assistance dès lors que l'ami Jean-Louis daignait reprendre certains tubes devenus, avec le temps, des standards du rock hexagonal comme Un autre monde, New York avec toi ou La bombe humaine (visionnaire Aubert à l'époque ?). C'est vraiment toi, autre tube distillé, se faisant lui relifter et entrecouper, façon medley, par quelques incontournables morceaux rockn'rollesques internationaux puisés dans les quarante dernières années avec quelques clins d'oeil appuyés aux Stones de Mick Jaegger (la ressemblance avec le leader stonien saute, il est vrai, aux yeux). Énergique et merveilleusement humain jusqu'à paraître parfois naïf (du moins dans les textes), Jean-Louis Aubert était à Mulhouse pour fêter les retrouvailles avec son public. Soutenu par Kolinka l'une des seules stars grand public de la batterie en France encore en activité et cogneur hors pair mais aussi par un duo basse-guitare redoutable d'efficacité, notre homme est venu aussi présenter live certains morceaux de sa (déjà) longue carrière solo et de son dernier album en date qui cartonne depuis sa sortie dans les bacs des disquaires d'ici et d'ailleurs. Un concert sans véritable surprise mais joué de bout en bout avec sincérité. Aubert reste la parfaite antithèse d'un star système qui paradoxalement le fait vivre. Deux heures et quelques rappels plus tard, Aubert quittait les feux de la rampe par quelques mots simples (Voilà c'est fini). Le charme a une nouvelle fois opéré. « A l'heure du portable, le Téléphone sonne toujours », se risquait Hervé, accroc parmi les accrocs, rencontré en fin de set. On avait presque envie de le croire.
Fragile, sensible et toujours rock'n'roll, Jean-Louis Aubert était en terrain conquis au parc des expositions.
Marc-Antoine Vallori











