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Mercredi 4 décembre 2002


 
 
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L'actualité multimédia

Dossier
  • Harry, sorcier virtuel 

Il a envahi les salles de cinéma, il envahira aussi les consoles de jeu et les PC : le jeu « Harry Potter et la chambre des secrets » a tout pour être un franc succès.

En cette fin d’année, les petits écrans – informatiques ou télévisuels – seront aussi magiques que les grands : à côté du film, le jeu « Harry Potter et la chambre des secrets » fait d’ores et déjà figure de succès. Avant l’école des sorciers, le jeune balafré a dû faire une école de commerce pour transformer tout ce qu’il touche en or : l’année dernière, le premier épisode du jeu s’était vendu à plus de neuf millions d’exemplaires en cinq mois !

Le même phénomène devrait se reproduire cette année avec le deuxième volet des aventures du sorcier en herbe. Il faut dire que le jeu, décliné sur six consoles et sur PC, bénéficie d’une réalisation irréprochable, d’un scénario collant au plus près de l’histoire originale, d’un graphisme quasi-parfait… ainsi que d’un plan de communication aussi monstrueux que le basilic qui menace Harry. Un héros connu de tous et une aventure admirablement rendue : Electronic Arts ne doit rien changer à cette  formule magique de potion ludique.

Harry Potter et la chambre des secrets, de 35 € à 64 € selon les supports. 

Le nouveau jeu de Harry Potter est diponible sur sept formats différents : PS2 et PS1, XBox, GameCube, PC, GameBoy advance et GameBoy Color.

De l'autre côté de la porte

Lorsque dans un film fantastique, de science-fiction ou, a fortiori, d’horreur, un personnage recommande à un autre de ne franchir sous aucun prétexte la porte, le pont, le couloir, la rue, la tenture, le terrain vague, la forêt (rayer la mention inutile), on est quasiment certain que le dit personnage va immédiatement aller voir ce qui se passe de l’autre côté de la porte, du pont etc. Évidemment, direz-vous, sans quoi il n’y aurait pas de film. Et cet article s’arrêterait là...


Or, il n’aura échappé à personne que la chronique d’Harry Potter est appelée à durer un bon bout de temps. Au moins jusqu’au bout des sept volumes que J.K. Rowling compte bien écrire. D’ailleurs, le cas Potter excite la curiosité des universitaires, notamment anglo-saxons, qui se penchent aussi bien sur la transfiguration du langage, le féminisme dans le personnage d’Hermione Granger ou la dimension jungienne de l’univers pottérien. Et s’il fallait se persuader définitivement de l’impact de cette saga à succès, on trouverait assurément la réponse dans la croisade du révérend Taylor qui, dans son église pentecôtiste du Maine (États-Unis) a détruit publiquement le second tome des aventures du jeune magicien qu’il accuse de… sorcellerie camouflée!
Glissons enfin sur la ribambelle de chiffres qui attestent qu’Harry Potter est bien une mine d’or, pour en venir à ce qui est, quand même, au cœur du propos, en l’occurrence le... film. Qui, au demeurant, est de fort bonne qualité.

Le film justement

Toujours encombré de sa famille de braves crétins boursouflés, Harry Potter ronge son frein parmi les moldus, autrement dit les gens comme vous et moi, c’est-à-dire dépourvus de tout pouvoir magique. Et voilà que déboule à grand fracas Dobby, l’obséquieux elfe de maison, qui lui apprend qu’un grave danger le guette s’il décidait de retourner au collège de Poudlard. De toutes manières, Harry est bouclé par ses parents adoptifs et il faudra l’intervention de ses joyeux copains pour le délivrer et l’embarquer dans une vieille Ford Anglia volante qui tient à la fois de Mary Poppins et du vélo d’E.T. Comme Harry et Ron ont raté le fameux train du quai 9-3/4, ils auront encore l’occasion d’embarquer les spectateurs sur des «montagnes russes» qui secouent allégrement une guimbarde qui s’en ira atterrir dans les branches d’un immense saule cogneur au cœur du collège où Harry n’aurait pas dû retourner...
Revenu à Poudlard, il retrouve son vieux maître Albus Dumbledore, croise le méchant blondinet Drago Malefoy, découvre le vaniteux Gilderoy Lockhart (Kenneth Branagh, nouveau venu dans l’univers Potter, s’amuse comme un petit fou en professeur de défense contre les forces du Mal), rempote de bruyantes mandragores, joue rapidement au quidditch mais sa mission est ailleurs. Le gamin malicieux du premier épisode a pris du plomb dans la tête. Il sait qu’un rude combat l’attend dans la chambre des secrets qui donne son nom au second épisode. Désormais, Harry a sur les épaules la survie des siens. Même si le rouquin Ron l’accompagne un bout de chemin, c’est seul qu’Harry part affronter les monstres et des maléfices d’autant plus inquiétants qu’ils le renvoient à une part de lui-même...
Essentiellement concentré à Poudlard, ses couloirs gothiques et ses grandes salles de banquet, Harry Potter et la chambre des secrets est un nouveau voyage initiatique plus noir (le film ne convient pas aux moins de 8 ans) et inquiétant que le précédent. Héros déterminé, ingénieux, tolérant et rétif aux règlements, Harry sait que «ce ne sont pas nos aptitudes qui font ce que nous sommes, ce sont nos choix». Avec ce viatique, Harry est sur le bon chemin.


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