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Mercredi 27 octobre 2002


 
 
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Dossier

  • Pas pour les tout-petits 

 

Habitués de l’univers Disney où ils ont signé notamment La petite sirène, Aladdin et Hercule, Ron Clements et John Musker ont donc choisi leur style visuel du côté de la science-fiction. Plus proche du film d'action comme le précédent Disney, Atlantide, l’empire perdu que de Bambi, La planète au trésor n'est, à priori, pas conçu pour les tout-petits. On notera cependant que, fidèle à la tradition de l’usine à rêves, Jim est accompagné de deux compagnons de voyage rigolos et malicieux, B.E.N., le robot disjoncté qui a perdu sa mémoire (Lorant Deutsch lui prête son bagout), et Morph, une petite boule de gélatine rose, qui se perche affectueusement sur l'épaule.
Enfin si capitaine Amélia (avec la voix de Michèle Laroque) est une femme de poigne à l’allure féline et à l’esprit aiguisé, c’est bien John Silver, mi-homme, mi-machine, gredin à l’accent rocailleux, qui apparaît comme le personnage le plus complexe.

Le véritable trésor

Classique de la littérature d’aventure publié en 1883, L’île au trésor de Robert Louis Stevenson a bercé des générations de lecteurs qui ont vibré sur les traces de Jim Hawkins et de John Silver… Il fallait bien qu’un jour (le cinéma a quand même réalisé quelques 25 adaptations du roman), Disney s’empare de cette si belle matière. 

C’est donc chose faite… même si le projet ne date pas d’hier. Les deux réalisateurs, Ron Clements et John Musker, ont commencé à travailler sur L’île… il y a dix-sept ans déjà! Mais à l’époque, les techniques d’animation n’étaient ce qu’elles sont devenues. C’est bien l’avènement de l’animation assistée par ordinateur (avec la machine, le style «peinture à l’huile» était obtenu quasiment instantanément) qui a permis au duo de passer aux actes. Si donc Jim Hawkins est toujours mousse et si John Silver est toujours borgne, la concession à la modernité a envoyé nos héros dans l’espace. Désormais Planète au trésor, la version Noël 2002 de L’île au trésor selon Disney revendique un anachronisme mêlant l'aventure maritime époque XVIIe siècle et l'aventure spatiale.
Jim Hawkins (avec la voix française de David Hallyday) est un « sauvageon », en bisbille avec les « flics » ( les termes en v.f.) qui menacent de l'envoyer en maison de correction. Abandonné par son père, l’adolescent s'intéresse plus au « surf solaire » qu'aux matières scolaires, au grand désespoir de sa mère. Son destin bascule le jour où un être fantastique venu de l'espace meurt en lui confiant une mystérieuse sphère qui mène à la légendaire planète au trésor.
Embarqué sur l'Héritage, un brigantin aux voiles solaires, avec le docteur Doppler, proche parent du professeur Tournesol, le moussaillon va apprendre à la dure sous la férule de John Silver, un unijambiste doté d'un bras en métal articulé.
Jim va découvrir que le plus grand danger, ce ne sont pas les tempêtes et les éruptions cosmiques, le trou noir et les pluies de météorites que le galion doit affronter, mais la trahison et la fourberie de pirates, comme le sinistre Scroop. Il ne ramènera pas de l'or mais du plomb dans la cervelle.
Cette odyssée initiatique d’un jeune homme qui cherche des épreuves pour aller vers un grand destin marie habilement les légendes d'hier et celles d'aujourd'hui, Jules Verne et La guerre des étoiles, le Nautilus et la Santa Maria, le Capitaine Crochet et Alien. Les vaisseaux sont féeriques, les traits des humains sont dessinés à la serpe et la ménagerie fantastique est peuplée de monstres arachnéens, d'orques galactiques et d'ectoplasmes bigleux.
Écartelé entre son affection pour Jim et le trésor qu’il a cherché toute sa vie, le vieux loup de l’espace devra faire le plus difficile des choix. On a compris quel est le véritable trésor…


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