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Une guitare
qui mitraille, cordes et cuivres avançant sournoisement, avant
d'exploser en cascades : dès Dr No, John Barry marque d'une
empreinte indélébile l'univers du héros flemingien.
Par trois fois (Diamonds are forever par-dessus tout), le
compositeur et chef d'orchestre fera chanter Shirley Bassey, dont la
voix claque et frappe de manière spectaculaire, virile et sexy, à
l'unisson du style du héros. Ces deux noms constituent la
quintessence du son bondien, un genre en soi, qui inspirera fortement
la pop des années 90.
Barry a longtemps gardé la haute main sur la bande à Bond, s'écartant
peu du paradigme, que ce soit avec Louis Armstrong, Nancy Sinatra ou
Tom Jones, puis Duran Duran (pas si mal) et même Aha (ha !).
Des grands noms du rock ont également apporté leur tribut au mythe :
McCartney (mémorable Live and let die), U2 (Goldeneye,
chanté par Tina Turner mais signé Bono-The Edge, dans un bel hommage
à Barry), plus récemment Garbage et Moby, les producteurs cherchant
à rajeunir la musique, comme le reste.
Pour ses 40 ans, l'agent s'est logiquement payé Madonna, une
chanteuse à son image : efficace, sans état d'âme, un succès sans
frontières. Diamants éternels ou has been absolus : ces chansons
restent le reflet fidèle des films qu'elles accompagnent.
Olivier Brégeard
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