1927 - 2002 : Volvo a 75 ans. Trois quarts de siècle voués à la sécurité.
JAKOB. L a première Volvo, l'ÖV4 de 1927, s'appelait Jakob. Tout bonnement parce que, trois ans auparavant, Assar Gabrielsson et Gustaf Larson avaient décidé de créer Volvo. Le 25 juillet, jour de la saint Jakob dans le calendrier suédois. On est peu de choses. L'ÖV4 est une curiosité : c'est une découvrable de 28 cv. Les Suédois, pourtant pas spécialement frileux, vont la bouder mais c'est elle, malgré elle, qui va coller l'étiquette sécurité à Volvo : en 1926, un des neuf prototypes heurte de plein fouet une grosse Américaine et c'est l'Américaine qui finit à la casse… C'est toutefois en 1959 que Volvo gagnera définitivement ses galons sécuritaires en installant le premier en série des ceintures de sécurité trois points. En fait, la première vraie Volvo date de 1944. La PV444. Un vrai succès, aux États-Unis notamment où elle débarqua en 1955, quoiqu'un Suédois ait prédit que vendre pareille voiture aux Amériques était comme « tenter de vendre des réfrigérateurs au Pôle Nord ». Le plus drôle dans l'histoire ? Quelques années plus tôt, dans les années 20, Volvo fut à deux doigts de devenir… américain, racheté par Charles Nash, un constructeur local.
Les deux dates révolutionnaires ? 1985 et la traction,1999 et Ford…
La PV444 donc. Une automobile devenue mythe, première expression d'un style Volvo très marqué et globalement très bon engin au point d'envahir les paddocks de compétition et de truster les titres de championnats divers. L'Amazone de 1956, alias P120, avançait d'autres arguments et notamment son style très féminin, très italien conformément à la mode des années 50 : la version 5 portes sera même la première d'une longue lignée de breaks Volvo. Deux ans auparavant, en 1954, le constructeur s'était mis à dos… les assureurs suédois en lançant sa garantie exclusive de cinq ans. Gagnant, Volvo créera sa propre compagnie en 1959… De cette année-là, on retiendra plus certainement la naissance d'un nouveau mythe : la P1800. Roger Moore, alias Le Saint, en fera sa monture préférée et les collectionneurs d'aujourd'hui l'adorent, qu'elle soit coupé ou break ES. Le modèle 140 de 1966 et son suivant 240 de 1974 n'avaient pas les mêmes prétentions esthétiques, ce qui ne les priva pas du succès une trentaine d'années durant. La 240 fut ainsi vendue à 2,8 millions d'exemplaires jusqu'en 1993. Leurs atouts ? Un physique respirant la force et la sérénité et un dérivé break (245) devenu une institution. La 240 s'octroya même le titre de voiture la plus propre vendue en Amérique grâce à son catalyseur… Après, il faut bien le dire, ce fut nettement moins emballant, quelques années durant. Taillées à coups de serpe, les 760 (1982) et 960 (1990) dégageaient un charme bucheronesque, n'était, comme toujours chez Volvo, le break. Elles et leurs dérivés plus modestes (740/940) battirent pourtant des records de vente et sortirent la marque de sérieuses difficultés. La vraie révolution, en fait, intervint en 1985 avec l'excentrique coupé 480 ES : ce fut la première Volvo traction. 440 et 460 s'en inspirèrent sans grand génie quelques années plus tard mais c'est la 850 de 1991, « le plus grand projet industriel jamais géré par Volvo Car Corporation », qui contribua à dépoussiérer l'image de la marque. Cette traction à moteur en ligne monté transversalement n'était pas spécialement jolie, excepté le break, mais l'agrément de sa conduite fut d'emblée jugé très supérieur aux autres produits de la marque au point de lui valoir un label très latin… S40 et V40 (le break) continuèrent sur cette lancée en 1995, toujours vendues avec un certain succès. Traction également, les très beaux coupé et cabriolet C70 de 1996. Le break V70 Cross Country (1997) ira plus loin en proposant une traction intégrale mais le vrai tournant de l'histoire de la marque va intervenir en 1999, lorsque Volvo sera racheté par Ford. Un an après avoir lancé la grande S80, excellente automobile qui sera déclinée en S60 deux ans plus tard. Dernières-nées, les XC70 et XC 90, deux automobiles très tendance avec leur quatre roues motrices et, pour la seconde, son format SUV. Jakob aurait apprécié.
Le prototype ACC2 indique la voie que veut suivre Volvo, en terme de style mais plus sûrement de technologie : un 4x4 utilisable au quotidien dans la lignée de la gamme Cross Country.
DR











