
Développements

Du 2D au 3D
Au départ
de la démonstration de mardi, on trouve un scanner du tronc d'un
patient du Dr Christine Vidal, généraliste à Lannion.
Apparaît
ensuite la traduction en 3D de ces images 2D, avec des couleurs différentes
selon les organes : poumons, rate, foie…
Car l'enregistrement scanner a
été «traduit» en trois dimensions, et ceci automatiquement.
Des outils
virtuels ont ensuite permis aux divers médecins dans les différentes
villes, en contact radio et visuel, d'intervenir en coordination pour
isoler le foie des autres organes, pénétrer dans l'organe, explorer
les tumeurs repérées sur les clichés du scanner, bien lire
l'environnement pour déterminer le meilleur trajet d'un possible
traitement par une aiguille à rayons.
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Le bistouri
et la souris
« Première mondiale » à Strasbourg, Paris,
Brest et Lannion où des médecins ont pu ensemble, mardi,
virtuellement manipuler et explorer le foie d'un patient, organe
reconstitué en 3D par ordinateur en vue d'une éventuelle opération. |

Sur la base d'un scanner, un logiciel de l'IRCAD
reconstruit les organes en trois dimensions. Le foie (ici en
marron) peut être isolé, analysé pour y repérer des tumeurs,
et préparer une éventuelle opération.
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ENVOYER
par Internet à un laboratoire spécialisé l'enregistrement d'un
scanner ou d'une IRM du foie (donc une image deux dimensions, 2D) et
en obtenir très peu après une image en trois dimensions (3D) avec la
situation précise d'éventuelles tumeurs, indication essentielle pour
la chirurgie complexe du foie : voilà vers quoi on se dirige, avec le
logiciel mis au point à l'Institut de recherches sur les cancers de
l'appareil digestif (IRCAD) de Strasbourg. Une démonstration de ce
logiciel a été réalisée lors d'une impressionnante « première
mondiale » (a souligné l'IRCAD) qui s'est déroulée mardi en direct
à la fois à Strasbourg, Paris, Brest et Lannion, via les réseaux
haut débit et une plate-forme de travail mise au point par France
Telecom. Car, avantage important, le logiciel 3D de l'IRCAD peut être
consulté et manié sur internet. L'ensemble
logiciel 3D/connexions internet haut débit, baptisé « Argonaute 3D
», constitue un carrefour médical sécurisé et confidentiel.
Pour une chirurgie complexe
comme celle du foie, l'avancée est considérable. Car l'emplacement
des lésions détermine si l'opération est possible.
Or, comme dans le cas d'hier, il se révèle parfois très délicat
de savoir si une tumeur ne concerne qu'un lobe ou plusieurs, et
lesquels. Sachant que, lorsqu'on enlève une partie du foie, il faut
en laisser au moins 35 % (l'organe pourra ainsi repousser). Du fait de
la conformation de l'organe, déterminer ce pourcentage n'est pas
simple aujourd'hui. Tandis que le logiciel de l'IRCAD calcule en une
seconde le pourcentage conservé du foie aussitôt qu'on a indiqué
quelle partie on voudrait réséquer (enlever) virtuellement à
l'organe. La manipulation peut se modifier, les simulations de
destruction de tumeurs, d'ablation, peuvent se multiplier, on peut
naviguer dans les organes et les vaisseaux sanguins… Et le
chirurgien prépare ainsi la manière dont il opérera, dans la réalité,
par la suite. Autre force du logiciel : il repère des lésions non détectées
au scanner ce qui, là aussi, va influencer fondamentalement le geste
du chirurgien, si l'opération est décidée.
À propos de la décision justement —
et c'est la prolongation marquante du logiciel — le Pr Jacques
Marescaux, président fondateur de l'IRCAD, expert en chirurgie des
cancers de l'appareil digestif, a souligné le fait que sur la base du
logiciel de transformation des images en 3D, « Argonaute 3D »
constitue une plate-forme de travail virtuel grâce à laquelle le généraliste
et son patient peuvent bénéficier d'une pluri-expertise de haut
niveau. Ainsi, hier, « Argonaute 3D », via des ordinateurs portables
tout à fait ordinaires, a fait « se rencontrer » virtuellement
autour du cas du patient du Dr Christine Vidal, le Pr Afshim Gangi,
radiologue interventionnel aux Hôpitaux universitaires, à
Strasbourg, le Dr Luc Soler, directeur de la recherche appliquée en
informatique de l'IRCAD, le Pr Patrick Lozac'h, chef du service de
chirurgie générale au CHU de Brest, et, à Paris, le Pr Jacques
Marescaux. Une rencontre difficilement organisable en un seul lieu.
Autant dire que la formule offre un gain de temps, d'argent, une amélioration
du diagnostic et de la stratégie d'intervention. |

Sur le web


Le professeur Jacques Marescaux, tel qu'on peut le
voir sur le
site de l'Ircad.
Textes:
Jacques Bertho
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