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Sir Anthony Hopkins est
désormais entré dans la légende des grands monstres du cinéma.
Le cheveu tiré en arrière,
l’œil clair traversé par cette lueur de dinguerie meurtrière qui
n’appartient qu’à lui, Hannibal Lecter distille avec brio ses
apparitions.

De plus, ici, il est
entouré par une brillante galerie de comédiens. Edward Norton est
remarquable en flic fatigué et angoissé mais Harvey Keitel, Ralph
Fiennes, Emily Watson, Philip Seymour Hoffman ou Mary-Louise Parker
sont, tous, simplement excellents.
On vous laisse enfin le
soin de découvrir la pirouette finale. Qui laisse à penser que la
saga d’Hannibal n’est peut-être pas encore close.
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Hannibal remet le couvert
Dans « Dragon rouge »,
au milieu d’une belle brochette de comédiens en verve, Anthony
Hopkins réveille Hannibal Lecter, le monstre gourmet.
Hannibal
Lecter n’est pas seulement un gourmet, c’est aussi un fin mélomane…
Alors, gare au flûtiste qui « dérape » dans un concert
symphonique à Baltimore. Au petit tic qui agite le visage généralement
impassible du docteur Lecter, on devine que le malheureux musicien a
du souci à se faire… Dès la séquence pré-générique où le
goinfre épicurien (sic) a réuni ses amis argentés du Symphonic
Club, Dragon rouge nous replonge rapidement dans
l’ambiance noire qui sied aux sinistres aventures du psychiatre
psychopathe.
On sait le goût du cinéma hollywoodien pour les suites. Ce serait,
évidemment, folie de laisser tarir un juteux filon. Donc Le silence
des agneaux eut, une dizaine d’années après sa sortie sur les écrans,
une suite « italienne » intitulée Hannibal. Le premier
film fut un immense succès, le second un échec relatif. La bonne idée
des producteurs est, ici, non pas de tenter une nouvelle sequel mais
de remonter le temps…
Sept ans avant d’écrire Le silence des agneaux, le romancier Thomas
Harris évoque, dans son thriller Dragon rouge, le Mal sous sa forme
la plus pure et introduit trois personnages aux destins étroitement
liés : Hannibal Lecter, le serial killer anthropophage, Will
Graham, l’enquêteur du FBI et Francis Dolarhyde, « élève »
(tristement doué) et admirateur de Lecter… Ce sont ces trois
personnages principaux que le cinéaste Brett Ratner (connu pour
ses… comédies) met en scène dans cette genèse de la saga
criminelle d’Hannibal le cannibale.
Alors, certes, l’élément de surprise n’opère plus. Qui,
aujourd’hui, parmi les spectateurs du cinéma, ne connaît pas les
singuliers talents et les goûts morbides d’Hannibal Lecter ?
La bonne idée, c’est de nous raconter l’autre côté du décor,
en l’occurrence l’arrestation du monstre mais aussi les tourments
de Will Graham, l’agent du FBI, qui a approché de trop près et
trop longtemps la quintessence du Mal. Au point que le pauvre Will a
quitté le FBI pour se retirer en Floride. C’est évidemment là que
son ancien chef vient le tirer de sa retraite. On a plus que besoin de
ses talents de profiler parce qu’un serial killer spécialement
tordu (mais pourrait-il en aller autrement pour un fan de Lecter ?)
décime des familles entières de braves Américains. Et pour Graham,
le cauchemar se réveille d’autant plus cruellement qu’il lui
faudra, pour comprendre sa nouvelle cible monstrueuse, retrouver un
Hannibal Lecter qui va se faire un plaisir de réveiller tous ses
pires fantômes…
A défaut de surprise, on retrouve, avec un frisson de plaisir, le
couloir de l’asile psychiatrique et, au bout, la fameuse cage vitrée
de Lecter mais c’est surtout la qualité du scénario de Ted Tally
(il avait fait celui du Silence… mais pas celui d’Hannibal) qui
donne sa belle densité à ce divertissement horrifique qui s’ingénie
à multiplier les rebondissements, s’offrant même un aparté, aussi
savoureux que sanglant, sur les travers de la presse de caniveau.
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Quelques liens
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