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L'extrémiste
Avec « L'imprudence », Alain Bashung conforte sa position de référence au sein du petit monde de la chanson française.
Quatre ans après l'impressionnant Fantaisie militaire, qui l'avait déjà placé au-dessus de la mêlée, Alain Bashung revient avec un nouvel album encore plus ambitieux, au sens noble du terme : celui de l'exigence, de l'esprit d'aventure, de l'envie d'aller toujours plus loin…
Voici donc L'imprudence, prise de risque délibérée. Plus parlé que chanté, réunissant des textes du fidèle Jean Fauque, mais aussi de Miossec (Faisons envie) et de Robert Desnos (Jamais d'autre que toi), le onzième album de Bashung, plus sombre que son prédécesseur, réalisé par Jean Lamoot (déjà accoucheur du dernier Noir Désir), élague et déconstruit paroles et mélodies, pour laisser percer de mystérieuses beautés.
Entouré de musiciens aussi originaux qu'aguerris (le Brésilien Arto Lindsay et le New-yorkais Marc Ribot aux guitares, le pianiste Steve Nieve, le percussionniste Mino Cinelu…), qui savent nourrir son propos plus qu'ils ne le servent, Bashung achève de transcender les barrières de genre (rock, chanson, blues, électro), pour s'élever encore un peu plus haut.
Parallèlement à ce nouvel album, il publie, avec son épouse Chloé Mons, un Cantique des cantiques (Dernière Bande/Wagram) adapté et mis en musique par Rodolphe Burger (de Kat Onoma) et Olivier Cadiot (qui a établi une nouvelle traduction de ce texte biblique). Une intégrale en seize CD, couvrant l'ensemble de la carrière du chanteur, paraîtra début décembre.
Olivier Brégeard
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Alain Bashung : L'imprudence (Barclay/Universal)

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