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Vendredi 25 octobre 2002


 
 
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Inaugurée aujourd'hui, l'exposition fermera ses portes le 30 mars 2003.
Ouverte chaque jour (sauf le 25 décembre et le 1er janvier) de 10 h à 18 h au prix (plein tarif) de 10 €.


Se renseigner

Sur le site du musée ou par téléphone au 03.89.33.23.23.

Photos:
Christine Hart

Textes:
Jacques Prost

Jusqu'au printemps prochain, le Musée national de l'automobile de Mulhouse se fait la vitrine du concept car. Passionnant.

VOITURES DE RÊVE ou voitures du futur ? Bonne question : un concept car ne sait jamais trop ce vers quoi il tend, émouvoir le passant ou préparer icelui à un lendemain plus ou moins proche, plus ou moins maîtrisé. « Un réservoir d'idées, résume Patrick Le Quément, le patron du design Renault, une vitrine de tendances, surprenante, novatrice, personnalisée et attrayante, qui préfigure les modèles de série de demain et annonce de manière spectaculaire recherches, innovations, idées, styles et créations en voie de développement. » Dès demain et jusqu'en mars prochain, le Musée national de l'Automobile-Collection Schlumpf accueille à Mulhouse une trentaine de ces « Voitures extrêmes » pour une exposition particulièrement enrichissante. Des voitures mais aussi des dessins, des moulages de carrosserie, des films aussi, tout un matériel qui doit permettre au visiteur de pénétrer le monde un peu froid et abstrait du concept car. Au sommaire de ce catalogue peu banal ? Sbarro, beaucoup de Sbarro — le Suisse est en quelque sorte le local de l'étape puisqu'il fait vivre une école de design à Pontarlier — mais aussi Pininfarina, Giugiaro, Matra, Renault, Citroën et Peugeot. Pas beaucoup de Peugeot et c'est bien dommage ici : révélé en 1996, le Touareg est un roadster 4x4 tout électrique passablement lunaire et pour tout dire assez peu intéressant.

Sbarro travaille pour lui ; Pininfarina suggère aux autres…

L'oeuvre de Franco Sbarro mérite à elle seule le déplacement. Ce Suisse d'origine italienne est un vrai fondu d'automobile et toutes ses créations témoignent d'une vraie passion, de designer et de technicien. On s'attardera devant l'épatant Chrono de 1990, un coupé biplace rutilant propulsé par une V6 BMW de 300 ch pour… 750 kg. Dans le même genre, le gracile Scorpius bi-moto de 2000 exploite deux quatre cylindres Yamaha de 1300 cm3 couplés délivrant 300 ch. On s'arrêtera aussi devant le coupé portes papillon Ionos de 1997 et ses deux moteurs Lancia, le coupé Challenge de 1986 et la superbe GT1 de 1999, une supercar relativement classique. Mais il y a nettement plus déjanté : le Family Dragster de 1500 ch censé promener une demi-douzaine de personnes ou la Soucoupe roulante, bizarrerie 4x4 pas spécialement emballante au regard. Pas loin de là, Pininfarina expose deux magnifiques automobiles, le coupé Osée sur base Citroën — une quasi première dans l'histoire de la marque — et la berline Nautilus sur base Peugeot. On touche là au concept car moteur d'idées, titilleur de constructeur. Sbarro travaille pour lui, Pininfarina suggère aux autres, aux constructeurs, en leur proposant une voie carrossable pour l'avenir. Regardez les poignées de porte de la Nautilus : Alfa Romeo n'a rien inventé sur sa 156… Même chose chez Giugiaro : on n'image pas son Machimoto dans la rue, pas beaucoup plus son Aztec mais ces deux engins témoignent d'un savoir-faire absolu : dans ce cas, dans celui du Zoom de Matra aussi, le concept car est déjà une carte de visite que le carrossier va promener de salons en salons.

« L'occasion de dialoguer avec le public »

Un peu plus loin encore, Renault. Le concept car devient annonciateur, sinon de concept du moins de dessins et de technologies. Difficile de ne pas faire le rapprochement entre le roadster Laguna de 1990 et le Spider commercialisé un peu plus tard. Souvenez-vous de ce que disait Le Quément : « Une vitrine de tendances (…) qui préfigure les modèles de série de demain ». Ou, pour reprendre l'expression de Jean-Jacques de Guibert, le patron du Produit Peugeot, « l'occasion de dialoguer avec le public ». Et le dialogue s'accélère : naguère pur exercice de style, souvent parfaitement gratuit, le concept car est devenu un vecteur de communication stratégique en même temps qu'un outil de marketing. On n'imagine pas pour imaginer, on teste une option et pour qu'elle soit recevable par un public non averti, cette option doit être (relativement) plausible et industrialisable dans la foulée. Quelques mois avant de descendre dans la rue, l'Opel Tigra, l'Audi TT et le 206 CC de Peugeot jouaient encore les concept cars dans les grands salons…