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Signes
fait la part égale entre l’angoisse générée par la proche
confrontation avec l’étrange et les cauchemars récurrents
d’un homme qui doit affronter ses propres démons.
C’est pourquoi on trouve presque dommage que Signes, dans sa séquence
finale, franchisse un cap que M.N.S. avait, jusque-là, bien évité.
Mais qu’importe, l’essentiel de cette aventure en huis clos
est parfaitement excitant.
Quand vous aurez bien profité de Signes, gardez-vous d’en dire
trop à vos amis. Car, décidément, M. Night Shyamalan est le
champion du film qu’il ne faut pas raconter à ceux qui ne
l’ont pas (encore) vu.
Petits
hommes verts
En
s’appuyant sur ces fascinants crop circles qui vont troubler la
vie d’une famille de fermiers de Pennsylvanie, M. Night
Shyamalan signe le troisième long-métrage d’une œuvre dans
laquelle certains discernent déjà la marque d’un futur
Spielberg. Il est vrai que, sous le signe de la science-fiction,
l’actualité du grand écran fait se côtoyer Minority report de
l’ex-wonder boy hollywoodien et ce Signes chargé des antiques
interrogations à propos des mondes parallèles, des OVNI lancés
en éclaireurs et des invasions extraterrestres. Si les petits
hommes verts venaient nous rendre visite, seraient-ils amicaux ou
hostiles ?
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Conte fantastique 
Le
plus souvent, tout commence par un homme qui, au petit matin,
va inspecter ses cultures. Dans son champ, il constate que, par
endroits, les plantations sont couchées.
Le vent ou les animaux sauvages
peuvent faire ce genre de dégâts. Mais là, les zones « écrasées »
dessinent des lignes régulières, géométriques… C’est au début
des années cinquante que les crop circles ont
commencé à être répertoriés. Depuis, plus de 5000 de ces
mystérieuses figures symboliques ont été constatées sur tous les
continents. Qui trace ces formes pures ? Par quel moyen et dans
quel but ? Canular planétaire, performance de land art, phénomène
naturel, signaux, repères ou messages extraterrestres ? Les théories
ne manquent pas mais l’énigme résiste à la science.
Si les questions sont toujours plus nombreuses que les réponses, le
cinéma, lui, peut toujours s’offrir le luxe, par l’entremise de
cette bonne et si précieuse SF, de lever un coin du voile sur le mystère…
C’est ainsi que Signes s’ouvre sur un plan banal d’une cour de
ferme avec une table, quelques chaises, une balançoire, un champ de
maïs au fond. Et puis la caméra amorce un léger travelling arrière.
Comme lorsqu’on regarde quelque chose à travers une vitre ancienne,
l’image se trouble brièvement. Entre l’image nette et l’image légèrement
floue, quelle est la bonne ? Et si tout -une évidence au cinéma !-
n’était qu’une question de regard…

Après
la perte tragique de sa femme, Graham Hess (Mel Gibson, très bien) a
rendu sa charge de pasteur pour se consacrer entièrement à l’éducation
de Morgan et Bo, ses deux jeunes enfants. Son frère Merrill, champion
de base-ball déchu (Joaquin Phoenix) est venu l’aider. Une nuit,
Graham est réveillé par des plaintes. Ses chiens aboient longuement
et ses champs de maïs sont marqués par des crop circles. Hess se
refuse d’abord à croire à l’« incroyable » mais les
signes vont se multiplier.
Comme il l’avait fait avec succès dans Sixième sens, le cinéaste
construit habilement un conte fantastique où les effets ont moins
d’importance que la tension qui s’installe insidieusement. En
multipliant les cadrages serrés, les contre-plongées « expressionnistes »,
en jouant avec brio sur une partition musicale « à la Hitchcock »,
M. Night Shyamalan (qui tient un petit rôle -mais capital- dans
son film) embarque le spectateur dans une aventure qui, rapidement,
lui colle les chocottes.
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Quelques liens

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