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Extrait du site Gabriel
sans frontières
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Premier
plan
Dix années se sont écoulées depuis Us, le précédent
album de Peter Gabriel. Artiste accompli, ayant connu un succès
mondial, militant actif des droits de l'homme, il s'est surtout
consacré, ces derniers temps, à ses activités multimédia et à sa
maison de disques Realworld, offrant à des musiciens du tiers-monde
les moyens de toucher le grand public occidental.
Aujourd'hui, à 52 ans, Peter Gabriel livre, avec Up
(côté titre, il a toujours donné dans le minimalisme), un digne
prolongement à sa discographie. Il ne faut pas se fier au premier
single extrait de l'album, The Barry Williams Show, variation funky
autour des dérives de la « télé réalité », qui tente de
renouer, en vain, avec l'hystérique Sledgehammer d'autrefois : c'est
un des rares titres ratés de ce disque par ailleurs sombre et
grandiose, alternant les montées en puissance et les atmosphères crépusculaires,
sur fond d'interrogations existentielles.
Derrière la voix plaintive du chanteur, les percussions et les
machines, que Gabriel utilisa en précurseur, restent au premier plan,
multipliant les réminiscences mélodiques et sonores des précédents
albums.
Bien qu'il sache tout faire lui-même en studio, l'auteur-compositeur
a réuni quelques fidèles (Tony Levin à la basse, David Rhodes à la
guitare), d'autres producteurs (Daniel Lanois encore une fois, mais
aussi Tchad Blake, Stephen Hague...), qui l'assistent dans l'interprétation
comme dans la réalisation, et des groupes signés sur son label,
comme The Blind Boys of Alabama et surtout le défunt Nusrat Fateh Ali
Khan, qui marque un des sommets de l'album : l'envoûtant et
spectaculaire Signal to noise.
Olivier Brégeard
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