Impeccable au sein de la défense centrale du FCSM, Nino Saveljic est un des moteurs du groupe sochalien. Il a toutefois enlevé les piles durant quelques minutes pour revenir sur son aventure en « jaune et bleu ».
L'INACTIVITÉ n'est pas son fort. Pas dans son caractère. Sur le terrain comme dans la vie. Il est comme cela, Nino Saveljic. Toujours besoin de bouger, de parler. Durant un déplacement, inutile d'attendre de trop longs silences de sa part. Et c'est tant mieux. Tantôt en train de chambrer ses coéquipiers, tantôt au téléphone, kit main libre à l'oreille, avec sa famille restée en Yougoslavie, Nino ne se donne pas le temps de souffler. « C'est ma personnalité, constate-t-il le sourire aux lèvres. Je suis un mec franc, qui peut cependant être parfois impulsif. Et quand ça rigole, je ne suis pas le dernier… ». Au fil des matches, semaine après semaine, le Monténégrin a pris de l'importance dans le jeu sochalien. Et est devenu l'un des personnages incontournables de Bonal. Et pourtant, tout n'a pas été facile. « Quand je suis arrivé la saison passée, j'avais un retard dans la préparation, se souvient Nino. C'était dur pour moi. L'équipe jouait super bien, avec Maxence et Erwan dans l'axe. Il n'y avait pas de raison de changer ». Petit à petit, il a pourtant su s'imposer, pour devenir titulaire indiscuté en défense centrale. Aboyeur sur la pelouse, il ne fuit pas les responsabilités que son expérience et son vécu au plus haut niveau lui octroient. « C'est vrai que j'ai un rôle important, entre autres au niveau tactique, sur le plan du placement. Je parle souvent, et j'ai pris désormais une énorme confiance. On m'a donné des responsabilités. Je les assume. Quand Virgile Boumelaha a joué contre Auxerre, je lui ai beaucoup parlé. Au Monténégro, les joueurs anciens ne me parlaient pas, et j'ai vu que c'était difficile ».
Garder cette ambiance familiale
Tour de contrôle de l'arrière-garde sochalienne, Nino multiplie depuis de longs mois les bonnes sorties avec le FCSM. Et pourtant, malgré sa grande forme, il a décidé de tirer un trait, provisoire, sur sa carrière internationale. « En ce moment, je suis au top. Mais le sélectionneur de la Yougoslavie, Savicevic, ne m'appelle pas. De toute façon, même s'il me sélectionne, je n'irai pas ». Conflit de personnes, mais également volonté forte de la part de Nino de s'impliquer encore davantage dans la vie du club sochalien. « Au FCSM, c'est de mieux en mieux au niveau de l'organisation. Par exemple, la nouvelle boutique est extraordinaire. À Bordeaux, elle n'est pas aussi bien. Tout ça est important pour l'image du club. Il est aussi bon de garder cette ambiance familiale, avec les joueurs, les journalistes, les supporters, les jeunes du centre. C'est capital ». Aussi capital que le football l'est à ses yeux. Ce ballon rond qui lui permet d'oublier les malheurs de la vie. « J'ai perdu mon frère, j'ai divorcé, ma famille se trouve encore en Yougoslavie. Le foot, c'est ce qui me permet de rester fort dans la tête ». Désormais installé à Belfort, Nino semble avoir trouvé un équilibre certain dans l'Aire Urbaine. Encore sous contrat la saison prochaine, il n'a pas fini de véhiculer sa gentillesse et son assurance sur le terrain du côté de Sochaux. « Certes, la ville n'est pas forcément aussi attrayante que Bordeaux. Certes, il fait souvent froid ici. Mais je me sens bien, c'est mon boulot. Et puis, après tout, je suis un homme simple… ».
Nino Saveljic : « Le foot me permet de rester fort dans la tête ».
Lionel Vadam











