Un drame de la route, ça se prépare. Tout au moins lorsqu'il s'agit, comme hier sur l'A36 au niveau de l'aire d'Angeot, de simuler un plan rouge. Une opération de grande ampleur destinée à tester l'efficacité de ce dispositif de secours qui a réuni plus de 200 personnes.
LE SCÉNARIO, peaufiné depuis plusieurs semaines, était parfaitement au point… du moins sur le papier. Restait à la tester. Tout était en effet prévu pour que l'opération d'hier se déroule conformément au dispositif du plan rouge (lire également en page 28). Cet exercice grandeur nature, destiné à tester l'efficacité et surtout la coordination des services de secours, avait pour objet le renversement d'un bus sur l'A36, au niveau de l'aire d'Angeot, dans le sens Mulhouse-Belfort. Un car censé transporter 31 touristes de Strasbourg à Marseille. En théorie, les différents acteurs des secours appelés à intervenir sur ce type d'accident, pour lequel un plan rouge peut être déclenché (en fonction de son ampleur et notamment du nombre de victimes) connaissent bien leur rôle. Mais rien ne remplace une mise en pratique. D'où la simulation d'hier, qui a réuni plus de 200 personnes.
Circulation réduite et déviée
Cet exercice de grande envergure a commencé dès la fin de la matinée. La circulation a été réduite à une voie et déviée par l'aire d'Angeot, afin de neutraliser la portion de l'autoroute où était prévue l'opération. Un basculement de circulation qui a bien sûr occasionné ralentissements et bouchons. Pour la bonne cause. « Une vingtaine de personnels ont été mobilisés, pour assurer signalisation et balisage, note Emmanuel Cachot, chef du service péage et sécurité du trafic de la société des autoroutes Paris-Rhin-Rhone (SAP2R). Il est toujours intéressant de tester ce type d'opération. » Côté forces de l'ordre, une trentaine de gendarmes étaient présents pour sécuriser la zone. Cette première étape effectuée, place à la mise en route des opérations. Hervé Debruycher, le chef du service interministériel de défense et de protection civile, accompagné de nombreux responsables de la préfecture, est le premier arrivé. Puis viennent les bénévoles de la protection civile qui commencent aussitôt à gonfler leur tente, avant d'être rejoints par les hommes et femmes de la Croix-Rouge. Un peu plus loin, les 27 militaires du 35e régiment d'infanterie, venus jouer les victimes, attendent patiemment que l'on fasse appel à eux.
Top départ à 13 h 37
Il est midi et le parking de l'aire de repos se remplit peu à peu. Une dépanneuse transportant le bus accidenté — les pompiers ont été jusqu'à défoncer l'avant du véhicule, comme pour un véritable choc frontal — arrive pour installer le véhicule, avant de le retourner précautionneusement sur son flanc gauche. Pendant ce temps, place au maquillage des victimes. Les associations de secourisme officient au pinceau, avec une belle efficacité. Une fois grimés, les blessés virtuels passent le temps en prenant leur déjeuner : des sandwichs confectionnés par le cuisiner de la préfecture. Requinqués, les victimes du jour peuvent aller prendre place à bord du bus couché. Les incarcérés sont installés un par un à l'intérieur du car, tandis que les « éjectés » s'allongent autour du véhicule. Un tableau des plus réels que ces blessés gisant sur le macadam. La scène est en place, l'exercice peut véritablement débuter. Les nombreux observateurs sont invités à s'écarter de la zone de l'accident, tandis qu'Hervé Debruycker se dirige vers la borne d'appel d'urgence de l'autoroute. L'alerte est donnée aux différents services de secours, qui se mettent immédiatement en route. Il est 13 h 37. L'opération ne fait que commencer.
Le lieutenant Philippe Raffier installe les acteurs jouant les victimes incarcérées à bord du bus accidenté.
Photos Séverine Depond
Le car a été amené peu avant par une dépanneuse, qui l'a précautionneusement retourné sur son flanc gauche.











