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Après un A.I qui nous
avait un peu laissés sur notre faim, voici l’ex-wonderboy revenu au
meilleur de sa forme.
Avec Minority report,
on retrouve la profondeur et la gravité de La liste de Schindler mais
aussi l’ironie de 1941 et puis, toujours, ce sens du récit cinématographique
qui a valu à Spielberg de figurer au palmarès des meilleures
recettes mondiales mais surtout d’incarner cette image du cinéaste
capable d’emporter le spectateur dans les plus beaux et les plus
fous rêves sur grand écran…

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2054, l'odyssée de l'espèce
Dans quel monde vivons-nous ? C’est la question qui traverse
le dernier film de Steven Spielberg. Mais d’abord, rassurons les
amateurs de divertissement, les fans de Jaws
et d’Indiana Jones. Oui ! Minority report, c’est du
spectacle. Et même du très bon !
Washington, 2054. Réputée pour son
formidable taux de criminalité, la cité est devenue un havre de
paix, pas le paradis sur terre mais pas loin… La « faute »
à qui ? A une expérience grandeur nature menée par une
officine secrète nommée Precrime. Grâce aux pouvoirs extra-lucides
de trois capteurs humains, les agents du Precrime ont développé le
système de prévention/détection/répression le plus sophistiqué du
monde. Qu’un meurtrier potentiel fasse mine d’estourbir son voisin
de palier ou son épouse et le Precrime lui tombe sur le paletot avant
qu’il ait commis son geste coupable…
Inspiré d’une nouvelle du grand Philip K. Dick (écrite il y a
une cinquantaine d’années !) Minority report, c’est de la
science-fiction du meilleur tonneau. Parce qu’elle mêle un argument
fantastique avec un ton réaliste. Et le fait que l’action se déroule
en 2054 permet en plus à Spielberg de glisser une bonne touche
d’humour dans sa description, par exemple, de la circulation
automobile ou encore dans la séquence du centre commercial avec ses
pubs personnalisées. De plus, le traitement très hitchcockien de
l’innocent fuyant devant une implacable machination (on songe évidemment
à La mort aux trousses) favorise l’adhésion du spectateur. Dans un
premier temps, John Anderton (la star Tom Cruise très en forme et même
parfois pathétique) apparaît comme un redoutable flic, grand
ordonnateur quasi-chorégraphique des recherches de « pré-coupables »
avant que l’on découvre son drame intime et qu’on flippe pour
lui, devenu à son tour un gibier promis à une cellule-éprouvette.
Si Minority report (malgré une fin un peu lourde) est un film épatant
par la somptuosité de son image, par la variété et l’imbrication
de récits à différents niveaux, par l’amusante virtuosité de ses
poursuites (celle qui s’achève au cœur d’un robot de peinture
est un modèle du genre) comme par le brio de certaines séquences (le
remplacement des yeux d’Anderton est un must fantastique), son intérêt
réside clairement dans ce qui s’y dit. Voilà en effet une fable
enlevée sur la liberté individuelle, sur le pouvoir, sur la police,
sur la justice. Est-on coupable lorsqu’on a pensé commettre un
forfait ? Dans Minority report, la réponse est indiscutablement
oui. Jusqu’à ce qu’on découvre que le doute peut toujours/encore
exister…
Aux États-Unis, où il remporte un énorme succès, Minority report a
posé, dans l’après-11 septembre, la question de la
restriction des libertés civiques. En France, la polémique a enflé
sur le projet de loi Sarkozy qui donne des cauchemars aux partisans
des Droits de l’Homme. Que Minority report sorte sur les écrans
juste à ce moment est un pur hasard. Pour autant, cette vision de
science-fiction prend soudain des accents d’inquiétante réalité.
Autant dire qu’il faut foncer voir le nouveau Spielberg. Où le
futur n’est pas rose.
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Quelques liens
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