Le Mondial de Zolder, un changement d'équipe, peut-être chez Telekom après le départ de Jan Ullrich, et des vues secrètes sur le Tour de France, tel est l'agenda de l'Espagnol Aitor Gonzalez ( Kelme ), qui s'est fait un nom en gagnant le Tour d'Espagne.
« Je sais que Lance Armstrong est le chef du Tour, mais j'ai envie d'essayer », a déclaré Gonzalez en réponse à des journalistes après avoir gagné la Vuelta en survolant le chrono de la dernière étape (41,2 km avec arrivée triomphale au stade Santiago-Bernabeu de Madrid). « Au Giro, j'ai déjà dit qu'il allait gagner son quatrième Tour pour que j'aille le priver du cinquième ».« TerminAitor » plaisantait, bien sûr. Mais il peut viser haut. A 27 ans, il a l'âge où son idole Miguel Indurain, de même que Lance Armstrong, ont commencé à gagner la Grande Boucle. Maître du chrono, il résiste en montagne - le secret de la réussite sur les courses de trois semaines. Mais les statistiques ne lui sont guère favorables : pour voir un vainqueur de la Vuelta monter sur la plus haute marche du podium dans le Tour de France, il faut remonter à Pedro Delgado dans les années 80. En attendant, le coureur des Kelme, accusé de tous les maux en montagne pour ne pas avoir attendu son équipier Oscar Sevilla, ne veut plus jouer dans sa prochaine équipe au petit jeu des deux crocodiles dans le même marigot.
« Je veux maintenant une équipe où je sois le leader exclusif, pour ne pas avoir de problèmes avec les autres. Kelme aurait trois chefs de file (ndlr : avec Sevilla et le Colombien Santiago Botero) et cela complique les choses », affirme le nouveau roi de l'Espagne cycliste. L'avenir du Basque qui vit à Alicante (côte est) pourrait être sous les couleurs de l'équipe Telekom la saison prochaine, en remplacement de Jan Ullrich, selon le quotidien sportif espagnol As. Gonzalez multiplierait même son salaire par plus de dix, de 54.091 à 600.000 euros, ajoute le journal. On affirme aussi que Gonzalez a signé un précontrat avec Acqua et Sapone, mais qu'une solution à l'amiable pourrait être trouvé avec l'équipe italienne qui n'a plus les moyens de s'offrir le vainqueur de la Vuelta. En attendant, c'est sous les couleurs de l'Espagne que Gonzalez doit courir le contre-la-montre des Championnats du monde à Zolder (Belgique) début octobre. « Je termine la Vuelta avec encore des forces et j'ai mes chances de gagner », affirme-t-il. Ce ne sont pas de simples velléités : Gonzalez a dominé les deux chrono de la Vuelta, notamment celui de Madrid, où il est arrivé 1 min 23 sec avant le deuxième, Angel Casero, vainqueur de l'édition précédente. Reste à voir quel serait le rôle de Gonzalez dans une course, par exemple le prochain Tour de France, où le gratin du cyclisme mondial serait là. Plus que jamais la Vuelta a présenté l'aspect d'une course faite pour les Espagnols - et quelques italiens pour les arrivées au sprint (Cipollini, Petacchi, Furlan...). D'ailleurs, les six premiers de la Vuelta sont des enfants du pays - devant l'Italien Francesco Casagrande.
Aitor Gonzalez est devenu très ambitieux.
AFP











