Les vendanges dans le Jura battent leur plein. D'Arbois à Château-Chalon, les vignerons sont unanimes : la cuvée 2002 s'annonce sous les meilleurs auspices.
DES NUITS fraîches et du soleil dans la journée restent les meilleures conditions pour mener à bien les vendanges. Les vignerons, sachant que le beau temps va durer toute la semaine, ne sont pas pressés de cueillir le raisin. « Il y a un bon équilibre, rien ne presse, et la qualité est là », affirme Désiré Petit à Pupillin. À Château-Chalon, réputé pour ses excellents vins au goût de noix, le maître de Chai de la fruitière vinicole de Voiteur (seule commune à pouvoir bénéficier de l'AOC Château-Chalon), Éric Chambard juge déjà l'année 2002 comme une très belle année en blanc. « Nous avons commencé hier les vendanges de Savagnin. Le soleil et la bise de la semaine dernière ont séché les raisins qui commençaient à pourrir. Nous avons actuellement un rendement de 55 hectolitres à l'hectare, avec une moyenne de 11,5 degrés. »
Beaucoup de chance avec la météo
Éric Chambard reconnaît que le raisin a du mal à mûrir avec l'été pourri, mais les quinze jours de soleil de septembre lui ont permis, en très peu de temps, d'arriver à maturité avec une concentration en sucre. Si les blancs sont excellents à Château-Chalon, il n'en est pas de même pour les rouges. « Il y a eu beaucoup de pourriture dans le Poulsard » précise le maître de Chai. Dans le sud du Jura, il n'y a pas encore de machines à vendanger, ce sont les gens du coin qui viennent travailler, de Lons-le-Saunier ou de Poligny. « Le Château-Chalon 2002 ne devrait pas être mal cette année, poursuit Éric Chambard. Il n'y aura pas de déclassement en Jura jaune. »
Déficit dans les Rouges
Pour Anne de Lagiche du Château d'Arlay qui produit le seul vrai vin rouge du Jura « le Corail », l'année se présente bien. « Nous avons eu beaucoup de chance avec la météo. Nous avons de grosses grappes qui ne produisent pas beaucoup de jus, mais il n'y a pas du tout de pourriture et des beaux degrés d'alcool. » Au Château d'Arlay, la cave produit également des blancs et Mme de Lagiche, comme ses collègues vignerons du Jura, annonce qu'il y a toutes les chances que 2002 soit une belle année. « Nous avons 20 à 30 % de moins en quantité, mais le raisin est de meilleure qualité. » Là comme à Château-Chalon, ce sont des gens de la région qui viennent vendanger. « On peut compter sur les femmes de la communauté turque de Lons. Ils nous donnent entière satisfaction et sont très réguliers d'année en année » poursuit Mme De Lagiche. Cette année, les viticulteurs du Jura se frottent les mains et ne s'en cachent pas. L'année a été bonne, il n'y a pas eu de gel, et surtout le soleil était au rendez-vous au mois de septembre. Pierre Rollet, d'Arbois, a déjà récolté les rouges, Poulsard et Trousseau, « mais pour le blanc, j'attends toujours. Je suis toujours en retard par rapport aux autres vignerons, mais si le beau temps dure, je serai gagnant. Tant qu'il fait beau, il n'y a rien qui presse, on ne peut pas rêver mieux. Globalement 2002 sera un bon millésime pour les vins du Jura ». Même si la plupart des viticulteurs reconnaissent un net déficit dans les rouges. « Nous avons une belle récolte dans les mains » poursuit Pierre Rollet, dont la réputation des vins n'est plus à faire. Dans une semaine, les jeux seront faits mais, à n'en pas douter, 2002 devrait être, comme 1989, une année exceptionnelle, même si les rouges sont en régression. Mais ce sont bien les blancs, les vins jaunes ou de paille qui ont fait la réputation des vins du Jura.
La récolte des savagnins a débuté hier dans les vignes de Château-Chalon.
Photos Jean Becker
Avec le soleil et la bise de septembre, les raisins ont pu sécher et bénéficient ainsi d'une forte concentration en sucre.
Dans une semaine les vendanges seront terminées dans le Jura, alors qu'elles viennent de commencer hier en Alsace.
La plupart des vendangeurs dans le vignoble jurassien sont originaires de la région.











