Les travaux d'agrandissement et de rénovation du Musée du chemin de fer vont enfin démarrer. Plus animé, plus spectaculaire, le nouveau musée — qui devrait ouvrir au printemps 2004 - a pour objectif d'attirer plus de 150 000 visiteurs par an.
LES BULLDOZERS doivent arriver cette semaine au Musée du chemin de fer de Mulhouse. Le bâtiment abritant l'accueil et l'administration, ainsi que celui du Musée des sapeurs-pompiers, à côté, seront démolis au courant de l'automne. Puis, dès janvier prochain, une nouvelle bâtisse de 6000 m2 sortira de terre. Avec sa façade aux couleurs de la SNCF, façon construction en legos, elle donnera le ton pour la visite d'un lieu qui abritera la même collection de locomotives et de wagons historiques, mais qui n'aura plus rien à voir avec le musée actuel. Il gagnera 50 % de sa taille d'aujourd'hui et sera totalement rénové. À l'origine d'un projet qui remonte à plus de cinq ans (lire encadré), il y a la baisse spectaculaire de la fréquentation du musée. « Entre 1983 et 1987, nous étions à un peu plus de 200 000 visiteurs par an, rappelle Robert Fiehrer, président de l'association de gestion du musée. Depuis 1999, nous sommes passés sous la barre des 100 000 visiteurs. » Le déficit est difficilement comblé par des subventions d'équilibre de la Ville et de la SNCF (45 700 E chacun). Une situation critique : « Soit on fermait le musée, soit on faisait quelque chose d'adapté au monde moderne. Tout le monde a souhaité sauver le lieu et redonner une nouvelle image du patrimoine ferroviaire. Notre musée est magnifique, mais statique. Aujourd'hui, il faut offrir du spectacle, de l'éducatif, faire un lieu animé tout en respectant l'histoire du chemin de fer. » C'est l'objectif des grands travaux qui s'engagent enfin, après de nombreux rebondissements. Financés à part égale par l'État, la Région, le Département et la Ville, ils s'élèvent à 8,69 M E hors taxes, et devraient durer près de 18 mois — avec une période de fermeture de six mois entre l'automne 2003 et le printemps 2004.
Ouvert jusqu'en automne 2003
La maîtrise d'ouvrage a été déléguée à la Serm (Société d'équipement de la région mulhousienne). L'aspect le plus spectaculaire du projet sera la construction de la nouvelle halle : « À l'intérieur, ce sera complètement opaque, sans lumière naturelle, explique Patrice Munier, chargé d'opération à la Serm. Le long du parcours, des scènes vont s'allumer d'elle-même, les locomotives vont s'éclairer. » Le chemin de fer, les vacances et la montagne, Les cheminots, L'univers du voyage… Tout un monde lié au chemin de fer se dévoilera de façon parfois spectaculaire. Ainsi, sur le thème Le chemin de fer et la guerre : « Les visiteurs entendront une détonation et découvriront une locomotive couchée. » Sur le thème du voyage : un quai haut permettra de voir à l'intérieur des voitures, où seront installés des écrans diffusant des images de paysages qui défilent. Après le passage dans une petite cour ferroviaire, où l'on pourra se reposer et boire un verre, le visiteur entrera dans l'ancienne halle, où il abordera l'histoire du chemin de fer. Il découvrira l'évolution de la vapeur, les voitures des records, les wagons prestiges… Une zone sera dédiée au matériel avec l'évolution de la voie, de la signalétique, la « traversothèque », la « raillothèque ». Histoire de rappeler que le musée reste avant tout technique. Des audioguides seront proposés aux visiteurs et — détail non négligeable — la nouvelle halle sera chauffée. L'objectif de ces transformations majeures est bien sûr de renouer avec le public. « Nous voulons retrouver entre 150 000 et 200 000 visiteurs annuels, souligne Robert Fiehrer. Notre objectif n'est pas de gagner de l'argent mais d'atteindre l'équilibre. » Après les travaux, outre le retour espéré du public, le musée pourrait bien voir arriver un nouveau gestionnaire. La société Culture Espaces qui gère le Musée de l'automobile, est toujours sur les rangs pour le chemin de fer. Avec de « grosses exigences financières ».
Une simulation de l'intérieur de la nouvelle halle : elle sera complètement opaque, sans lumière naturelle. Au fur et à mesure de la visite, des scènes s'éclaireront.
Document Atelier François Seigneur et Sylvie De La Dure











