Le ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy a chiffré hier à Nîmes le montant des dégâts des inondations dans le Sud-Est et présenté les premières mesures d'aide du gouvernement.
TROIS SEMAINES après les inondations, le ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy a présenté hier à Nîmes, devant une centaine d'élus du Sud-Est de la France, les premières mesures du plan d'aide aux sinistrés lancé par le gouvernement au nom de la solidarité nationale. Le montant des dégâts des inondations, qui ont fait 23 morts et un disparu, a été chiffré à 1,2 milliard d'euros par la Commission nationale d'évaluation pour le Gard (qui représente 80 % du total), l'Hérault, le Vaucluse, l'Ardèche, la Drôme et les Bouches-du-Rhône. La précédente évaluation, rendue publique le 21 septembre par le président de la commission d'évaluation, Franck Perriez, avait situé le montant des dégâts des inondations du Sud-Est dans une fourchette comprise entre 800 millions et 1 milliard d'euros. Par comparaison, le montant des dégâts causés par les inondations de l'Aude avait été estimé en 1999 à 500 millions d'euros. « La solidarité nationale jouera. Sinon, il faudrait sept ans pour effacer les traces de la catastrophe », a affirmé M. Sarkozy. Entre 35 et 80 % des travaux de reconstruction des voiries et réseaux seront subventionnés, contre 20 % habituellement, en réponse à l'inquiétude des maires submergés par ces dépenses d'équipement, estimées à 200 millions d'euros. Le taux pourrait même dépasser les 80 % pour les petites communes avec le renfort des collectivités locales. L'Etat fournira un effort de 40 millions d'euros dans le cadre de la procédure de calamité agricole, a ajouté le ministre qui a promis de premières avances aux exploitants dès cette semaine. Pour le commerce, l'artisanat et l'industrie, M. Sarkozy a annoncé une mobilisation du Fonds d'intervention et de sauvegarde de l'artisanat et du commerce pour compenser les pertes d'exploitation, ainsi que des fonds dits « Barnier » pour les catastrophes naturelles, destinés à réinstaller les sinistrés situés en zone inondable. « Nous vous aiderons à remettre en place ces zones que vous aviez réussi à sortir de la crise », a-t-il lancé, en citant le bassin industriel d'Alès (Gard), où les entreprises hésitent à redémarrer après plusieurs inondations.
Un guichet unique
En attendant, le ministre a transmis aux préfets l'autorisation de débloquer des avances pour permettre notamment aux petits artisans de faire face aux dettes. M. Sarkozy a encore promis une simplification administrative avec la création d'un guichet unique. « Chaque sinistré, particulier ou collectivité locale, aura un seul interlocuteur et un seul dossier », a-t-il déclaré. Une cellule interministérielle s'installera à la préfecture du Gard, en liaison avec le comité de suivi du ministère de l'Intérieur qui se réunira tous les mois. Abordant rapidement la question de la prévention soulevée par l'assistance, M. Sarkozy a félicité les services de l'État et les maires victimes parfois, selon lui, de « cette manie de chercher un bouc-émissaire ». Le ministre, qui s'est rendu sur le chantier de reconstruction du pont de la Tave à Codolet, a enfin demandé aux préfets de hiérarchiser, d'ici la fin de l'année, les principaux équipements de sécurité à inclure dans les contrats de plan État-région.











