Jusqu'au 28 octobre, trains, avions, et autres curiosités miniatures sont exposés à Soultz. Tous ces modèles réduits ont pour point commun d'avoir été fabriqué par Märklin.
Le slogan est parlant : « Märklin : fabrique de rêves ». Des rêves, parce qu'en 1859 l'entreprise naît et se lance dans la fabrication des jouets. Or les jouets alimentent les rêves des têtes blondes. Aujourd'hui, ces modèles-là occupent surtout les pensées des adultes, et notamment des collectionneurs. À l'époque, Théodore Märklin, maître ferblantier, décide de se lancer dans la fabrication de jouets pour les fillettes. Ainsi apparaissent sur le marché des cuisinières, casseroles, dînettes et landaus, en fer blanc, version jouet pour ménagères en herbe.
Le premier petit train électrique
À la mort de Théodore, en 1866, Caroline, sa femme, poursuit l'activité et en 1888, deux de ses fils, Karl et Eugène Märklin prennent l'entreprise en mains. En 1898, Märklin prend un tournant décisif lorsqu'est fabriqué le premier train électrique sur rails d'Europe. C'est un succès. La mode du train électrique est lancée. L'électricité pallie les défauts des circuits à vapeur qui, fonctionnant avec de l'alcool à brûler, peuvent provoquer des incendies en cas de déraillement. En 1910, Märklin se voit remettre le grand prix de l'Exposition universelle de Bruxelles. La renommée de l'entreprise n'est plus à faire. C'est ainsi que le fabriquant de trains, bateaux, avions, dirigeables en jouets, traversera le siècle sans aucune difficulté économique, fabriquant des armes en 1914, en raison de la Première Guerre mondiale et traversant la seconde en échappant aux bombardements.
Un secret : les innovations
Ce qui a fait le succès de l'entreprise Märklin, c'est avant tout sa capacité à innover. Outre le premier train électrique miniature, en 1972, Märklin présente à la foire du jouet de Nuremberg le plus petit modèle de train au monde, ce qui lui vaut d'entrer dans le livre des records. Suivra, en toute logique économique face à ce succès, une fabrication en série de cette curiosité. En 1979, il invente un système de train fonctionnant à l'énergie solaire. En 1984, démarre une production de circuits de train à commande digitale, avec possibilité de commande par ordinateur. Dix années plus tard, en 1994, Märklin lance ses Kunstlok, des locomotives grandeur nature, décorées pour Noël, pour l'UNICEF, ou encore pour les 150 ans du réseau ferré suisse. Cette idée sera reprise par des entreprises, des banques, ou encore la télévision, pour leurs campagnes de publicité. Actuellement, Märklin est toujours aussi active dans sa créativité et sa production. Un musée lui est même consacré, à Göppingen (Allemagne), depuis 1979. Inutile d'aller aussi loin pour découvrir les jouets Märklin, à Soultz, la Nef des jouets s'est appropriée la collection de Joëlle et Richard Haeusser, le temps de quelques semaines.
Y ALLER L'exposition « Märklin, fabrique des rêves » est ouverte jusqu'au 28 octobre, tous les jours, sauf le mardi, de 14 h à 18 h, à la Nef des jouets, à Soultz. Tél. 03.89.74.30.92.
Le train du futur, façon Märklin.
Photos Sarah Mayer
Si le visiteur pouvait se « miniaturiser », il serait bien tenté de prendre les commandes.











