Si le nombre d'infractions liées à l'appropriation de biens a baissé en août, les violences volontaires progressent en zone police. Côté gendarmerie, après une nette augmentation des crimes et délits depuis janvier, la tendance est à la stabilisation en août et septembre.
L'objectif affiché du ministère de l'Intérieur n'est plus de contenir la délinquance, mais de la faire reculer. « Nous sommes en passe de commencer à atteindre cet objectif », affirme Pierre Pouëssel, préfet du Territoire de Belfort. Ainsi, le département accuse en août une baisse du nombre de faits constatés de 5,8 % par rapport au mois d'août 2001. Le Territoire fait figure de bon élève puisque la baisse au plan national est inférieure avec 4,49 %. Compte tenu des chiffres du mois d'août, la variation de la délinquance sur les huit premiers mois de l'année augmente de 6,62 % alors que de janvier à juillet la hausse était de 8,47 %. « Il y a donc une décélération très nette qui s'est poursuivie en zone police en septembre », souligne le préfet. En effet, les délits constatés par les policiers chutent de 14,61 % en septembre. Durant les trois mois d'été, cette baisse s'établit à 6,74 %.
Les quelques chiffres détaillés par Gérard Dubois, directeur départemental de la sécurité publique, traduisent d'une part la chute des infractions liées à l'appropriation de biens — vols avec effraction à domicile, vols de voiture et vols à la roulotte — et d'autre part la hausse des coups et violences volontaires. « Les gens ont envie de se battre, que ce soit chez eux, sur la voie publique ou dans des établissements de nuit », constate simplement le commissaire. La délinquance financière, les délits liés au trafic de stupéfiants et les violences à l'encontre des représentants de la force publique ou des salariés des transports en commun (CTRB, SNCF) se stabilisent. La disparité constatée au mois d'août entre la zone de police et de gendarmerie s'inscrit dans une tendance générale. Sur la période de janvier à août 2002, les policiers constatent une baisse de 0,85 % des infractions, tandis que les faits augmentent de 34,98 % chez les gendarmes. « Mais il y a une certaine stabilisation en août et septembre », remarque le lieutenant-colonel Viry, qui commande le groupement de gendarmerie de Belfort. Il dénombre 164 crimes et délits en août (contre 153 en août 2001) et 138 en septembre (contre 131 l'an passé). Soit une augmentation de 6 % des infractions. « On est loin des 40 % constatés en juillet, poursuit-il. La hausse en 2002 ne serait donc due qu'à celle des six premiers mois. On est sur la bonne voie », ajoute le lieutenant-colonel Viry. Au mois d'août, les faits élucidés baissent de 35,02 % par rapport à l'an passé. Cependant, sur les huit premiers de l'année, il augmente de 7,29 %.
Enfin, le préfet rappelle la réussite de l'opération menée conjointement avec la police, la gendarmerie et le groupe d'intervention de Besançon dans la communauté des gens du voyage, le 16 septembre dernier (nos éditions précédentes). Parmi les quatre personnes interpellées à l'issue de ce coup de filet, trois étaient impliquées dans une affaire de cambriolage. « Selon le projet de loi du ministère de l'Intérieur, les services de police et de gendarmerie auront bientôt la possibilité d'immobiliser des véhicules dans le cadre d'un délit nouveau d'atteinte à la propriété privée », explique Pierre Pouëssel. Ainsi, en liaison avec les services fiscaux, il sera possible de connaître l'origine exacte des revenus de couples qui touchent le RMI et roulent en grosse cylindrée. Jusqu'à présent, les gens du voyage étaient « assurés d'une quasi impunité », remarque Gérard Dubois, mais à la lueur de faits récemment élucidés, certains s'avèrent « le vecteur d'une délinquance itinérante confirmée. » Loin de « stigmatiser cette population qui a le droit de vivre selon les traditions du nomadisme », le préfet devra, d'ici décembre, déterminer le schéma départemental des lieux d'accueil des gens du voyage, selon la loi Besson de juillet 2002. L'objectif étant de trouver trois aires d'accueil (de 25 places chacune) et une aire de grand passage dans le Territoire. Dans cette optique, une réunion avec les élus se tiendra le 18 octobre.
Sur la période de janvier à août 2002, les policiers constatent une baisse de 0,85 % des infractions, tandis que les faits augmentent de 34,98 % chez les gendarmes.
DR











