Le spectacle est assez impressionnant : depuis quelques jours, des couvreurs, masqués et vêtus de combinaisons blanches, démontent la toiture d'un pavillon du quartier de la Pépinière. Précautions obligatoires pour cause d'amiante.
ON SE CROIRAIT presque dans un film de science-fiction : depuis quelques jours, un panneau barré de grandes lettres rouges signale au passant un « risque amiante » en plein coeur du quartier de la Pépinière, rue de Bavilliers. Mais ce n'est pas tant la pancarte accrochée à la clôture du tranquille pavillon qui attire l'oeil, que le matériel entreposé devant la maison et les hommes, masqués et vêtus de combinaisons blanches, qui circulent sur le toit. De quoi donner la chair de poule. Pourtant, ce déploiement de moyens est une garantie de sécurité : la couverture du toit, en fibrociment, contient en effet de l'amiante et, chacun le sait maintenant, les poussières de ce matériau sont extrêmement nocives. Le démontage du toit doit donc se faire sous haute surveillance, c'est obligatoire.
Combinaison, sas de décontamination et masque
« Lorsqu'on a décidé de refaire le toit, on a contacté des couvreurs. Tous ont refusé : ils n'avaient pas le matériel adéquat pour ce type de démontage », expliquent les occupants du pavillon. Ces derniers ont donc dû faire appel à « Clair et Net », une entreprise d'Audincourt. « Les personnes qui interviennent dans ce type d'opération doivent être habillées d'une combinaison étanche, avec un masque de filtration. Ils doivent passer par le sas de contamination au bout de deux heures et demie. Et, à chaque passage, ils ont l'obligation de remplacer la totalité de leurs habits », explique Bernard Schwarzenbach, patron de « Clair et Net ». Bref, une procédure stricte qui s'impose aussi bien aux industriels qu'aux particuliers, même si ces derniers l'ignorent souvent. « Mais attention, prévient Bernard Schwarzenbach, le client est responsable au même titre que l'entrepreneur. Si l'enlèvement des matériaux ne se fait pas de façon conforme, les deux parties sont passibles d'amendes et de sanctions importantes. »
« Tant qu'on n'y touche pas, on ne risque rien »
Selon le propriétaire de « Clair et Net », de nombreuses personnes sont concernées puisque « tous les fibrociments posés jusqu'à il y a une dizaine d'années contiennent de l'amiante ». « Tant qu'on n'y touche pas on ne risque rien, souligne Bernard Schwarzenbach. Mais si on veut l'enlever il faut une procédure particulière. » Les ouvriers, protégés, doivent en effet asperger les poussières avec un produit spécial qui les collent et évitent leur dispersion dans l'air, puis ils stockent les matériaux dans des sacs étanches et doublés qui portent en grosses lettres la mention « Amiante ». Ces sacs ou « big bags » sont ensuite transportés dans des décharges spécialisées. « Mais le propriétaire est encore responsable durant trente ans de ces matériaux : il doit pouvoir dire où ils ont été transportés et le justifier. » Reste que ce type d'intervention coûte cher et que, selon Bernard Schwarzenbach, rien n'est prévu pour aider financièrement les particuliers.
Impressionnant déploiement de moyens dans le quartier de la Pépinière : le fibrociment de la toiture contient de l'amiante.
Photos Céline Mazeau
Les ouvriers ont l'obligation d'être vêtus de combinaison. Ils doivent, en outre, passer par un sas de décontamination toutes les deux heures et demie.
Les matériaux ôtés doivent être conditionnés de façon stricte.











