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Toujours vivants
La publication simultanée
de deux albums estampillés « gospel » est l’occasion
d’observer l’évolution de cette forme séculaire de la musique
afro-américaine.
D’un côté, les survivants du Golden Gate Quartet
(notre image) proposent toujours des compositions originales (ils rappellent à
cette occasion qu’ils sont les auteurs d’un des tubes de Moby…)
et leur interprétation demeure essentiellement vocale, tout en intégrant
le phrasé du rap et un son proche du R’n’B actuel (rythmes et chœurs
féminins), pour se positionner, de façon ludique, à mi-chemin de la
tradition et de la variété actuelle.
Autre vénérable institution,
les Blind Boys of Alabama revisitent des titres traditionnels ou issus
de la soul et du funk (Aretha Franklin, Curtis Mayfield, Steve Wonder,
Funkadelic, Prince…), dont ils soulignent la profondeur spirituelle.
Leur association avec le nouveau génie de la pedal steel guitar,
Robert Randolph, et le chanteur et guitariste Ben Harper tire
l’ensemble vers un blues énergique, plus dramatique.
S’il n’a
plus le visage de ses débuts, le gospel prouve ainsi, malgré son
grand âge, qu’il continue à vivre.
Olivier Brégeard
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