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Lundi 30 septembre 2002


 
 
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Toujours vivants

La publication simultanée de deux albums estampillés « gospel » est l’occasion d’observer l’évolution de cette forme séculaire de la musique afro-américaine. 

D’un côté, les survivants du Golden Gate Quartet (notre image) proposent toujours des compositions originales (ils rappellent à cette occasion qu’ils sont les auteurs d’un des tubes de Moby…) et leur interprétation demeure essentiellement vocale, tout en intégrant le phrasé du rap et un son proche du R’n’B actuel (rythmes et chœurs féminins), pour se positionner, de façon ludique, à mi-chemin de la tradition et de la variété actuelle. 

Autre vénérable institution, les Blind Boys of Alabama revisitent des titres traditionnels ou issus de la soul et du funk (Aretha Franklin, Curtis Mayfield, Steve Wonder, Funkadelic, Prince…), dont ils soulignent la profondeur spirituelle. Leur association avec le nouveau génie de la pedal steel guitar, Robert Randolph, et le chanteur et guitariste Ben Harper tire l’ensemble vers un blues énergique, plus dramatique. 
S’il n’a plus le visage de ses débuts, le gospel prouve ainsi, malgré son grand âge, qu’il continue à vivre.

Olivier Brégeard

  • The Blind Boys of Alabama : Higher ground (Realworld/Virgin)

  • The Golden Gate Quartet : Made in Raleigh (Frémeaux & Associés/Night & Day)

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