|

De l'action
et du rythme
En
invitant le spectateur à reconstituer petit à petit le puzzle qu’a
été l’existence de Jason Bourne, Doug Liman va enfiler, avec un
joli sens du rythme, les scènes d’action. Ainsi Bourne aura fort à
faire, dans le consulat américain de Zürich, pour semer une troupe
de poursuivants et, plus tard au cours d’une sacrée
course-poursuite dans les rues de Paris, pour échapper, au volant
d’une Mini, à d’autres malfaisants. Pour corser le tout, le cinéaste
a donné une compagne de hasard à son espion. Et là encore, le choix
est bon. Marie Kreutz (la comédienne allemande Franka Potente, révélée
par Cours, Lola, cours, est excellente) n’est pas une bimbo
écervelée dont l’objectif permanent consiste à mettre ses gros
seins sous le nez du héros mais une fille plutôt paumée, le genre
à déclencher des catas mais qui saura se montrer une digne petite
agent(e) d’occasion…
|
La peau d’un espion
Doug Liman connaît les
bonnes vieilles recettes du film d’espionnage. « La mémoire
dans la peau » promène son héros amnésique à travers
l’Europe.
Non, le cinéma
pop-corn n’a pas que des défauts ! Bien sûr, c'est
comme tout, il ne faut pas en
abuser. Mais enfin, un brave petit polar bien ficelé, ça fait du
bien quand on a envie de se mettre un peu la tête en vacances ou en
week-end. Tout cela pour dire qu’on s’est laissé embarquer assez
facilement dans La mémoire dans la peau.
D’abord, ça commence bien. Un bateau de pêche quelque part en Méditerranée,
par une nuit à ne pas mettre une rascasse dehors. Mais ce n’est pas
un poisson qui fait la planche sur l’eau noire. Plutôt un corps…
Ramené à bord, le type reprend ses esprits mais n’arrive pas à
rassembler ses souvenirs. Plus inquiétant : il a quelques balles
dans la peau. Plus étrange : une petite capsule holographique
est incrustée dans sa hanche. Et la capsule indique un compte
bancaire à Zürich…
Plus
connu jusque-là pour ses comédies, le réalisateur américain Doug
Liman a voulu s’essayer tout à la fois au suspense et au film
d’espionnage. Avec l’envie aussi de montrer les espions d’une
manière un peu moins « cinémato-fantaisiste » que l’éminent
James Bond ou encore que les champions du déguisement et du gadget façon
Mission impossible. Pour ce faire, le cinéaste a réussi à
convaincre Robert Ludlum, maître américain du roman d’espionnage,
de lui confier le personnage de Jason Bourne, espion énigmatique que
Ludlum fit traverser les heures les plus sombres de la Guerre froide
dans des best-sellers comme La mémoire dans la peau (1980) ou La
vengeance dans la peau (1990).
Doug Liman a donné un coup de jeune à Jason Bourne en choisissant
Matt Damon, solide valeur montante d’Hollywood. Si le comédien
n’est pas toujours très expressif, il réussit bien, ici, à rendre
les affres d’un personnage qui balance entre une mémoire qui
flanche et les réflexes très au point d’une « machine de
combat ».
En effet, lorsque Jason Bourne débarqué de son bateau de pêche,
arrive à Zürich pour aller visiter son coffre, deux policiers, qui
patrouillent dans un parc, le prennent pour un clochard. Mal leur en
aura pris. Mais c’est devant la demi-douzaine de passeports tous
différents mais avec toujours sa photo, que Bourne se rend compte que
les choses vont très vite se compliquer…
Le spectateur, bien calé lui dans son fauteuil, ne doute plus qu’on
va très vite passer à l’action lorsqu’un gros ponte de la CIA déclare,
péremptoire : « Je veux Bourne les deux pieds devant à la
morgue dans deux heures ! »
Avec une action qui se déroule entièrement en Europe (la façon de
filmer Paris échappe, pour une fois, aux cartes postales), La mémoire
dans la peau est un solide et plaisant thriller d’espionnage. Et
tant pis si la fin sacrifie par trop aux clichés puisque, après
tout, on a passé deux bonnes heures au cinoche.
|

Quelques liens

|