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Mercredi 25 septembre 2002


 
 
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De l'action
et du rythme

En invitant le spectateur à reconstituer petit à petit le puzzle qu’a été l’existence de Jason Bourne, Doug Liman va enfiler, avec un joli sens du rythme, les scènes d’action. Ainsi Bourne aura fort à faire, dans le consulat américain de Zürich, pour semer une troupe de poursuivants et, plus tard au cours d’une sacrée course-poursuite dans les rues de Paris, pour échapper, au volant d’une Mini, à d’autres malfaisants. Pour corser le tout, le cinéaste a donné une compagne de hasard à son espion. Et là encore, le choix est bon. Marie Kreutz (la comédienne allemande Franka Potente, révélée par Cours, Lola, cours, est excellente) n’est pas une bimbo écervelée dont l’objectif permanent consiste à mettre ses gros seins sous le nez du héros mais une fille plutôt paumée, le genre à déclencher des catas mais qui saura se montrer une digne petite agent(e) d’occasion…

La peau d’un espion

Doug Liman connaît les bonnes vieilles recettes du film d’espionnage. « La mémoire dans la peau » promène son héros amnésique à travers l’Europe.

Non, le cinéma pop-corn n’a pas que des défauts ! Bien sûr, c'est comme tout,  il ne faut pas en abuser. Mais enfin, un brave petit polar bien ficelé, ça fait du bien quand on a envie de se mettre un peu la tête en vacances ou en week-end. Tout cela pour dire qu’on s’est laissé embarquer assez facilement dans La mémoire dans la peau.
D’abord, ça commence bien. Un bateau de pêche quelque part en Méditerranée, par une nuit à ne pas mettre une rascasse dehors. Mais ce n’est pas un poisson qui fait la planche sur l’eau noire. Plutôt un corps… Ramené à bord, le type reprend ses esprits mais n’arrive pas à rassembler ses souvenirs. Plus inquiétant : il a quelques balles dans la peau. Plus étrange : une petite capsule holographique est incrustée dans sa hanche. Et la capsule indique un compte bancaire à Zürich…
Plus connu jusque-là pour ses comédies, le réalisateur américain Doug Liman a voulu s’essayer tout à la fois au suspense et au film d’espionnage. Avec l’envie aussi de montrer les espions d’une manière un peu moins « cinémato-fantaisiste » que l’éminent James Bond ou encore que les champions du déguisement et du gadget façon Mission impossible. Pour ce faire, le cinéaste a réussi à convaincre Robert Ludlum, maître américain du roman d’espionnage, de lui confier le personnage de Jason Bourne, espion énigmatique que Ludlum fit traverser les heures les plus sombres de la Guerre froide dans des best-sellers comme La mémoire dans la peau (1980) ou La vengeance dans la peau (1990).
Doug Liman a donné un coup de jeune à Jason Bourne en choisissant Matt Damon, solide valeur montante d’Hollywood. Si le comédien n’est pas toujours très expressif, il réussit bien, ici, à rendre les affres d’un personnage qui balance entre une mémoire qui flanche et les réflexes très au point d’une « machine de combat ».
En effet, lorsque Jason Bourne débarqué de son bateau de pêche, arrive à Zürich pour aller visiter son coffre, deux policiers, qui patrouillent dans un parc, le prennent pour un clochard. Mal leur en aura pris. Mais c’est devant la demi-douzaine de passeports tous différents mais avec toujours sa photo, que Bourne se rend compte que les choses vont très vite se compliquer…
Le spectateur, bien calé lui dans son fauteuil, ne doute plus qu’on va très vite passer à l’action lorsqu’un gros ponte de la CIA déclare, péremptoire : « Je veux Bourne les deux pieds devant à la morgue dans deux heures ! »
Avec une action qui se déroule entièrement en Europe (la façon de filmer Paris échappe, pour une fois, aux cartes postales), La mémoire dans la peau est un solide et plaisant thriller d’espionnage. Et tant pis si la fin sacrifie par trop aux clichés puisque, après tout, on a passé deux bonnes heures au cinoche.


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