Très discret sur les routes, l'Avantime devrait l'être un peu moins avec le 2.2 dCi de 150 ch. La bonne mesure dans la démesure ?
S'IL EN EST, ces temps-ci, qui brûlent des cierges pour l'Avantime, ce sont bien les salariés Matra. Un succès du coupéspace Renault leur éviterait d'aller pointer vite fait à l'ANPE dans la mesure où le gros de leur activité jusque-là, la production de l'Espace, a été repris par le même Renault après bientôt vingt ans de collaboration. Rien n'est fait : une production quotidienne d'une centaine d'Avantime — une petite soixantaine actuellement — conduirait à la suppression clairement envisagée de 450 des 2200 postes assurés actuellement. A moins, à moins que le lancement de la version diesel 2.2 dCi ne dope des ventes pour l'heure encore homéopathiques : un peu plus de 1000 depuis janvier ! Renault avait pourtant promis 8000 immatriculations cette année… On savait le pari risqué : ni monospace, ni berline, l'Avantime ne ressemble à rien de connu et loin de s'en cacher, ce bougre d'engin s'en flatte en osant un physique pas facile. Passe encore pour la proue, très joliment sculptée, voire le profil, peu commun, mais la poupe interloque sans doute un peu trop un public habitué à ronronner. Au moins cache-t-elle un coffre gigantesque. J'ose applaudir des deux mains à l'audace de Renault, décidément allergique à toute forme de suivisme.
En installant le 2.2 dCi 16 soupapes sous le capot, le constructeur prend vraisemblablement la bonne décision. Le quatre cylindres suralimenté déjà vu sur la Laguna et la Vel Satis est ici à son aise et ses 150 ch, en outre peu bruyants, suffisent à dynamiser l'Avantime sans réjouir le pompiste : autour de 8,5 litres contre 11 litres pour le 2.0 turbo de 165 ch et 13,5 litres pour le V6 de 210 ch, ces deux-là grassement nourris au supercarburant. Avec plus de 320 Nm de couple dès 1750 t/mn, la disponibilité du 2.2 common rail est très appréciable — on préférerait la boîte automatique Proactive au système mécanique à 6 rapports… — et l'engin se révèle très agréable à conduire à défaut d'avoir le tempérament de feu que son profil fait espérer. A quand le V6 3.0 de la Vel Satis et du futur Espace ? Le châssis supporterait sans trop de problèmes les 180 CV du groupe Isuzu : stable, bien posé sur ses roues (16 ou 17 pouces), correctement suspendu même si l'amortissement un peu sec pénalise le confort sur mauvais revêtements, l'Avantime est efficace, bien plus qu'un Espace auquel il emprunte sa plate-forme, et ne sollicite pas trop l'ESP déconnectable. Bel équilibre, motricité convenable et maniabilité surprenante compte tenu du gabarit et du poids (plus de 1700 kg). R.A.S côté freinage mais l'Avantime a tendance à plonger lors d'une violente décélération. C'est pénible. Facturé entre 31 450 et 38 850 E selon la version (Expression, Dynamique, Privilège), l'Avantime 2.2 dCi est désormais un choix parfaitement recommandable pour peu que l'on accepte son physique. Remanié depuis l'été 2001, il présente mieux et le niveau général de qualité est en net progrès. Les bruits et sifflements parasites ont presque tous disparu et l'impression de bâclé aussi. Reste un certain manque de chaleur (de classe ?) de l'habitacle, la faute sans doute à l'imposante planche de bord tout plastique, des portes avant peu rationnelles — lourdes et ouvrant peu — et un espace aux jambes arrière ridicule compte tenu des mensurations de l'objet (4,63 m de long tout de même). Peu de choses en fait pour qui craquera devant cette esthétique sans concession, son premier atout en fait, et la possibilité de pouvoir rouler toutes fenêtres et toit vitré ouverts. Un plus hélas en option sur la version d'attaque Expression au prix refroidissant de 1980 E…
L'Avantime n'a pas un physique facile ; mais il est original et désormais mieux fait qu'auparavant…
dr
Le grand plus de l'objet ? Son immense toit ouvrant et l'absence de pied milieu profitant à la luminosité ambiante.
dr











