De la rencontre entre Rosemarie Tacquard, écrivain, et des écoliers de Guewenheim est né un drôle de conte, « l'étrange coup de foudre de Guewenheim ». L'auteur est venu le présenter devant la classe.
LES COUPS DE FOUDRE donnent souvent naissance à de belles histoires humaines. Mais l'inverse se produit aussi parfois. C'est ainsi que d'une rencontre entre Rosemarie Tacquard et la classe de CM1-CM2 de l'école élémentaire de Guewenheim est né un joli conte, intitulé « L'étrange coup de foudre de Guewenheim ». Tout a commencé le 15 décembre dernier, quand Antoine Gur, l'instituteur, a découvert dans « L'Alsace » un conte de Noël rédigé par Rosemarie Tacquard. Ayant apprécié l'histoire, il demande aux enfants d'apporter le journal à l'école : « c'est un support de lecture comme un autre, explique t-il. On a lu le conte en classe, puis on a écrit à Mme Tacquard pour lui dire qu'il nous avait plu ». Touchée par la lettre, cette dernière répond, et naît alors le projet d'une collaboration. Les enfants sont chargés de mener l'enquête auprès de leurs grands-parents ou voisins âgés pour recueillir des éléments de la vie d'autrefois. Puis des groupes se forment pour travailler autour d'un thème : les tâches ménagères, le travail, les repas, l'école…
Des voeux à exaucer
Tous ces éléments ont ensuite été envoyés à Rosemarie Tacquard, qui s'en est servie pour écrire une histoire fantastique. « L'étrange coup de foudre de Guewenheim » raconte l'aventure de deux petits enfants foudroyés par un éclair, qui a pour effet de les renvoyer dans le passé, munis de quelques pouvoirs étonnants. Là, ils feront des rencontres émouvantes ou enrichissantes et devront affronter l'hostilité de certains villageois, effrayés par leurs pouvoirs. Cette originale opération pédagogique s'est achevée par la venue dans la classe de Rosemarie Tacquard. Devant les écoliers, elle a expliqué sa méthode de travail : « je prends des mots et je cherche un lien logique entre eux. Une histoire se forme. Quand la trame est là, il ne me reste qu'à broder autour ». « Pourquoi ne connaît-on pas le prénom des deux enfants ? » demande un élève. Réponse de Rosemarie : « parce que de cette façon, tous les enfants qui lisent l'histoire peuvent s'identifier à eux ». L'instituteur rebondit sur le merveilleux, interpellant les enfants : « si vous aviez une fée devant vous, quel voeu lui demanderiez-vous d'exaucer ? ». Les réponses fusent. Certains restent dans le concret : « j'aimerais que mon papa rentre moins tard du travail » s'exclame Thomas. « Tu devrais le lui dire ! » répond l'enseignant. Anthony voudrait fonder une famille, Hervé, fleur bleu, demande juste « que la fille qu'il aimera un jour l'aime aussi », Mégane aimerait un petit frère, Laeticia un chat, Julien rêve d'être « sapeur-pompier de Paris », tandis qu'une petite fille aimerait gagner à Star Académy. D'autres, plus utopistes, aimeraient « ne jamais mourir », « voler comme un oiseau », « avoir des pouvoirs magiques pour sauver les gens » ou « une vie sans difficultés ». Quant à l'histoire, ils l'ont aimée, pour son humour et sa fantaisie, et ils ont parfaitement su en retirer la morale : « quand les enfants retournent dans le présent, ils restent amis. Quel que soit le temps, l'amitié demeure », résume l'un des enfants.
Ne pas oublier les façons de vivre d'autrefois
Rosemarie Tacquard, elle, en tire encore une autre leçon : « l'important était que par ce biais les enfants nouent le dialogue avec les personnes âgées. Avant, le savoir était chez les gens, maintenant, il est dans les machines. Nos aïeux savaient se débrouiller tout seuls. Maintenant, plus d'électricité et on se retrouve démunis. Il ne faut pas oublier ces façons de vivre d'autrefois : on pourrait en avoir besoin un jour ». Quand à « L'étrange coup de foudre de Guewenheim », il devrait faire partie d'un recueil d'histoires basées sur des témoignages de gens et se passant dans la vallée de la Doller, dont la publication est prévue pour fin octobre. Titre provisoire : « Le rire de la pendule ».
Rosemarie Tacquard a expliqué aux enfants comment naissent les histoires.
Isabelle Bollène











