Kingersheim accueille pour quelques jours les oeuvres de deux artistes : l'Américain Laurent Dion et le Mulhousien Louis Perrin.
JUSQU'AU vendredi 24 mai, le Créa de Kingersheim prête son cadre à deux artistes amis : l'Américain Laurent Dion avec une variation sur le thème de la cigarette, et le Mulhousien Louis Perrin avec quelques sculptures récentes. Une exposition qui a une histoire : elle n'était pas prévue dans la programmation. Mais, en visite dans la région, Laurent Dion est venu saluer, avec Louis Perrin, le directeur Philippe Schlienger. Comme il voyage toujours en emmenant quelques toiles, la proposition ne s'est pas faite attendre. Et voilà les deux amis en train d'installer, au rez-de-chaussée du Créa, des toiles préexistantes, mais aussi une création inspirée par l'occasion : une « pompe à air », qui délivre des effluves d'eucalyptus. Elle se présente comme une pompe à essence, un des sujets favoris de Laurent Dion « parce qu'elles sont partout et qu'elles symbolisent l'industrie polluante », mais, au lieu d'être pleine de carburant, elle est remplie de plantes. On peut s'en prendre plein les poumons, sans danger.
Variations sur un même thème
16 toiles, d'un format quasi unique, tout en hauteur, traitent un thème unique : la cigarette, toujours en train de se consumer, avec une grande variété de couleurs. Certaines sont très vives, d'autres plus douces. L'une, par exemple, présente, sur toute sa surface, des empreintes digitales en jaune moutarde ; un peu plus loin une autre arbore un soleil éclatant. Une série porte des dates, symbole de la fuite du temps : 1995 part d'un rouge vif, 1996 se dégrade vers l'orange. 1997 est bleu, un bleu qui se fonce jusqu'en 1999. 2000 est jaune pâle. La même variété se retrouve dans les dessins qui ornent le papier : nature luxuriante, formes humaines, code-barres. Un ensemble de trois toiles montre la Terre qui se rétrécit comme peau de chagrin : le militant écologiste est en action. Variété toujours dans les cendres, plus ou moins importantes, plus ou moins incandescentes. Mais toujours un triple anneau sur le filtre, comme une signature. Quelques sculptures de Louis Perrin complètent le tout : des Ailes mobiles, en l'air, une ombre infiniment étirée au sol, quatre évolutions à partir d'une forme ovoïde et un Zep, ce drôle de petit personnage, tout goudronné, qui, d'un élan joyeux, fait le poirier et dont les mains démesurées prennent appui sur... un cendrier.
Y ALLER Exposition « Zone fumeur », du lundi 20 au vendredi 24 mai, de 9 h à 12 h et de 14 h à 20 h. Dévernissage vendredi 24, à 18 h. Entrée libre.
Laurent Dion, militant écologiste, est attiré par la cigarette « car, comme la voiture, c'est quelque chose que l'on sait nocif, mais que l'on fait quand même ».
Daniel Schmitt











