Voilà un policier peu commun : Richard Ledermann, gardien de la paix, actuellement au commissariat central de Mulhouse, où il est chargé du bureau d'aide aux victimes, est aussi historien. Amateur certes, mais vraiment chercheur. Presque fouineur, puisque ce parfait autodidacte, excellent trilingue, s'intéresse à de multiples facettes du passé régional : la linguistique avec des incursions dans l'étymologie ; la bibliographie et la littérature (il recense tous les écrivains qui ont eu un lien direct ou indirect avec le Florival) ; l'histoire d'Émile Storck, dont il est devenu un zélateur hors pair (lire ci-dessus) en tant que président du Cercle Émile Storck ; le passé du Florival avec des recherches approfondies sur le contenu du Stift Lautenbach du chanoine Haaby. Également membre de l'association S'Lindeblätt, Richard Ledermann a traduit Saint-Nicolas raconté par un ami de son âne, de Jean Egen, a participé à la brochure sur le Demberg et au bulletin du cercle Émile Storck… Né le 21 décembre 1952 à Mulhouse, il a grandi au pied du Nez de Soultz. Se destinant tout d'abord à une profession hospitalière, il est finalement devenu gardien de la paix. Marié avec Sylviane Blind, de Bollwiller, il a deux fils. Voici en trois questions, le portrait de cet historien amateur.
Comment êtes-vous devenu historien ?
J'ajoute amateur. Rien de plus. Je crois que c'est une curiosité naturelle qui m'a entraîné sur ce chemin. Pour moi, la recherche historique est une sorte d'exutoire. Je prends mon pied, tout simplement. Certes, je pense avoir été attiré par l'histoire grâce à un grand-oncle Charles Meyer, qui savait narrer comme personne la défense héroïque de Guebwiller par Brigitte Schick. C'est lui qui m'a montré les échelles des Armagnacs, suspendues à l'église Saint-Léger. Et puis, il y avait aussi mon père, conducteur de bus. Il m'emmenait sur les routes de la vallée. J'écoutais les anciens et les anciennes discuter dans leur savoureux dialecte. Tout m'interpellait. J'enregistrais tout. Notamment les mots, les expressions, les toponymes… Aujourd'hui j'essaie de restituer toutes ces connaissances et cette petite histoire, naturellement acquise.
Quels sont les historiens qui ont su vous inspirer votre démarche ?
Comme mon ami Maurice Kech (L'Alsace du 14 avril) et mon autre complice dans mes investigations Simon Debenath, je suis un fidèle admirateur du chanoine Haaby. Il a su me passionner pour Manegold, un personnage du Moyen Âge rhénan qui, lui aussi, me fascine et qui mériterait une plus grande notoriété. J'ai aussi un faible pour le journaliste Jean Egen. Je déguste son écriture.
Que représente pour vous Émile Storck ?
Il a été prophète et poète en son pays. Lui au moins est reconnu en tant que poète. Je pense que beaucoup ne le sont pas. La création du cercle répondait à un besoin : celui de pérenniser l'oeuvre de Storck et sa démarche, pour sauvegarder la poésie dialectale.
Richard Ledermann : un fidèle zélateur d'Émile Storck.
Bernard Erhard











