La Pentecôte attire depuis trente ans sous nos cieux une escadrille silencieuse de planeurs allemands du Bade-Wurtemberg. Invités par l'Aéroclub de Belfort, ces passionnés goûtent les courants, donnant à ce jumelage un envol bien établi.
Le pré attenant au bar de l'Aéro-club se remplit peu à peu de caravances et tentes. En famille pour ces trois journées d'ascension autant que de Pentecôte, les amis allemands ont quitté leur Land et la ville de Bietigheim, à quelques distances de Stuttgart, pour prendre de la hauteur et se coltiner avec les courants ascendants entre Belfort et le Ballon d'Alsace. Thomas Wintrich et Gundrun Benttenmueller, septième année de participation pour elle, font partie de ces gourmands d'espace et attendent l'arrivée imminente des grands ailes pour tester le remorquage avec le planeur à moteur qui remplace leur Robin des airs en panne. Car si leur goût du vol s'affiche, leur présence honorant un jumelage de trente années bien ancré s'explique aussi par une législation aérienne contraignante sous les stratus germaniques : en Allemagne, où les écologistes font la pluie et le beau temps, remorquer des planeurs avec l'incidence sonore que cela induit, est interdit sur certains terrains. Pour vaincre la force de gravitation, seul le treuil, le sandox sont utilisés : aussi, les adeptes allemands de vol à la tire s'en donnent à coeur joie. Ils peuvent à cette occasion former leurs pilotes au remorquage, « relâcher » les novices sous le regard des instructeurs au sol. Encore faut-il que le temps s'y prête, et ce samedi, le ciel menace...
Brise ou tourmente ?
Vendredi le temps radieux a inspiré Jean Duvernois, pilote remporqueur, un ancien de la base belfortaine, aux commandes d'engins depuis 1965. Un vol plané de 4 h 45 sous un soleil de plomb au-dessus des plans d'eau, des forêts de feuillus, gages de courants ascendants pour une virée de longue haleine dans le chuitement de son planeur. Mais la fraîcheur de l'air le lendemain matin et les nuages amoncelés rendent les adeptes circonspects. Jean-Michel Kubbinga, le secrétaire de l'Aéro-club de Belfort et de sa région (ACBR), présent pour l'accueil matinal, est plutôt optimiste et connaît ses homologues risque-tout, nullement rebutés par des conditions atmosphériques qui se dégradent... Les 7 planeurs devraient sortir. Rainer Barth, le président du club de vol à voile de Bitiegheim ne craint pas trop les turbulences, surtout pas celles prévues le soir, un méchoui entre amis de trente ans qu'ils n'auront pas volé.
Aux commandes du planeur-remorqueur à moteur, Jürgen Strigel et son fils Jannick.
Photos Jean-François Kieffer
Si son épouse, elle, prendra l'air, Thomas Wintrich, lui, prendra les airs.











